16 juin 2007
Avis favorable
« L'expérience m'ayant appris à reconnaître tous les événements ordinaires de la vie commune sont choses vaines et futiles, j'ai pris la résolution de rechercher s'il existe un bien véritable qui puisse seul remplir l'âme tout entière, un bien qui donne à l'âme quand elle le trouve l'éternel et suprême bonheur. »
Spinoza.Traité de la réforme et de l'entendement.
Lambert vieillissait d'un seul coup. Il n'y avait rien à faire. D'ailleurs cela le ravissait, lui qui n'avait jamais été pris au sérieux lorsqu'il racontait des histoires. Désormais, il y avait la certitude que la Joie était accessible ; peu de regrets composaient ce gâteau de non-anniversaire.
Il était néanmoins difficile de rester en place au milieu de nouveaux paysages ; à moins de brûler toutes les photos du relief de son passé, pour n'en garder que la sensation d'altitude.
21:20 Publié dans Cadavres Exquis | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : satantango, altitude, bela, tarr, spinoza, non-anniversaire
29 mars 2007
Fum al Hut
- « J'en conviens, les affaires humaines iraient beaucoup mieux s'il était également au pouvoir de l'homme de se taire ou de parler. Mais l'expérience montre assez -- et au-delà -- que les hommes n'ont rien moins en leur pouvoir que leur langue, et qu'ils ne peuvent rien moins que de régler leurs désirs ; d'où vient que la plupart croient que nous n'agissons librement qu'à l'égard des choses que nous désirons modérément, parce que le désir de ces choses peut être facilement contrarié par le souvenir d'une autre chose dont nous nous souvenons souvent ; mais que nous ne sommes pas du tout libres à l'égard des choses que nous désirons vivement et qui ne peut être apaisé par le souvenir d'une autre chose. Mais, en vérité, s'ils ne savaient par expérience que nous accomplissons plus d'un acte dont nous nous repentons ensuite, et que souvent -- par exemple quand nous sommes partagés entre des sentiments contraires -- nous voyons le meilleur et suivons le pire, rien ne les empêcherait de croire que nous agissons toujours librement. »
Spinoza. Éthique, livre III, scolie de la proposition II
Lambert allait et venait, de la cave au grenier, dans un univers personnel qui existait de mieux en mieux. C'était une maison, avec presque pas de murs (sans chat), ou le « peut être »avait laissé la place au « pourquoi pas ? ».
Sur le chemin d'une connaissance, presque intime, ce qui est indicible peut se manifester par un geste d'amour. Là où des imbéciles voyait le nombril de Lambert, lui ne voyait que la poutre dans leurs yeux trop fatigués. De toute façon, Lambert n'était pas assez égoïste pour hurler avec les loups, mais il s'employait parfois à imiter le cri du cochon solipsiste afin d'avoir la paix dans les basses-cours de moins en moins obligatoires.
Restait alors un temps, plus lentement. L'illusion d'un « pour toujours » entre les mailles d'un filet qu'on a tissé de ses propres mains. Une syncope qui résumait trente cinq années, les justifiant dans la compréhension soudaine d'une réponse à l'échelle humaine.
Sur le chemin d'une connaissance, presque intime, ce qui est indicible peut se manifester par un geste d'amour. Là où des imbéciles voyait le nombril de Lambert, lui ne voyait que la poutre dans leurs yeux trop fatigués. De toute façon, Lambert n'était pas assez égoïste pour hurler avec les loups, mais il s'employait parfois à imiter le cri du cochon solipsiste afin d'avoir la paix dans les basses-cours de moins en moins obligatoires.
Restait alors un temps, plus lentement. L'illusion d'un « pour toujours » entre les mailles d'un filet qu'on a tissé de ses propres mains. Une syncope qui résumait trente cinq années, les justifiant dans la compréhension soudaine d'une réponse à l'échelle humaine.
14:10 Publié dans Chroniques | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : poisson, Fum al Hut, Alrisha, brel, spinoza, éthique





