14 mars 2010

15H45

"On ne peut ainsi ordinairement vivre qu'à la condition de tenir en respect la vérité, ou plutôt de la prendre perpétuellement à rebours : tâche épuisante illustrée, entre autres, par l'ancien mythe de Sisyphe. Illustrée aussi par la plupart des entreprises philosophiques, dont la principale visée n'est pas de révéler à l'homme la vérité, mais bien de la lui faire oublier : de faire passer sa cruauté comme un médicament qui fait provisoirement cesser une douleur, d'adoucir l'épreuve de la réalité par une infinie variété de remèdes - plus ou moins improvisés selon que le philosophe a plus ou moins de ressources mentales - qui se ramènent toujours en fin de compte à un exorcisme hallucinatoire du réel (…)."

Clément Rosset, le principe de cruauté.


La lumière est le chaînon manquant. une pièce du puzzle de la cohésion du monde de Lambert. C'est par elle qu'on passe de l'autre coté du miroir, avec la peur de découvrir qu'il n'y a pas peut être pas de miroir et d'éprouver alors crûment un devenir trop rapide.

On oublie que toujours veut dire tous les jours. Un cauchemar de devenir celui qu'on ne veut pas être dans ce monde au pas de charge dans un demi-plan inutile.

Tous les jours donc, 15h45 revient. Lambert percevait cette heure plus que tout autre comme une pause sans fuseaux, à peine perceptible et pourtant. Un clin d'oeil subtil d'une vanité réflexive, comme peut survenir un rire en cascade devant un miroir déformant.

Cela figurait dans le Grand Oeuvre de Lambert : L'Horloge aura peut être le coeur tendre.

 

 

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