01 juillet 2009
Contre-Feux
"[...] Le rugissement de l'abîme, rien n'est comparable à cela. C'est l'immense voie bestiale du monde [...].
"
Victor Hugo. l'Homme qui Rit.
Nu et sans royaume, Lambert avait plongé dans la cruauté du temps, là ou le désir se brise sur les rochers de l'impossible. C'était comme s'il manquait quelque-chose entre chaque seconde.
L'absence d'une épice dénaturait ce que tous acceptait comme étant ici et maintenant.
Il fallait attendre le passeur.
21:00 Publié dans Roman progressif | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : renaissance, métempsycose, jambon cru.
02 décembre 2008
Comment ressusciter dans une laverie-automatique (2/2)
"J'ai de plus en plus l'impression que le temps n'existe absolument pas, qu'au contraire il n'y a que des espaces imbriqués les uns dans les autres […], que les vivants et les morts au gré de leur humeur peuvent passer de l'un à l'autre, et plus j'y réfléchis, plus il me semble que nous qui sommes encore en vie, nous sommes aux yeux des morts des êtres irréels. "
W.G.Sebald. Austerlitz.
La peau de l'ours séchait tant bien que mal, tournant en rond dans une lucarne presque propre.
Un concentré de vie parcourait les quelques mètres carrés d'une laverie. Tout était écrasé par une lumière blanche implacable. Chacun observait ses propres tentatives d'attirer à la fois les regards, la sympathie et l'indifférence car l'en-dehors n'existait pas dans ce lieu où s'achetait le temps.
C'était la plus sûre des prisons, puisqu'on y revenait en toute liberté s'y enfermer pour quelques pièces.
A Huis-Clos, près un tramway, Lambert désirait cette attente. Ce symbole du non-agir attirait la foudre plus sûrement qu'un arbre imprudent.
http://www.ardnaveholidaypark.co.uk/contents/media/laundrette%20at%20ardnave%20holiday%20park.jpg
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25 octobre 2008
Comment ressusciter dans une laverie-automatique (1/2)
"L'univers physique s'arrêta.
Les armes convergeaient sur Hladik, mais les hommes qui allaient le tuer étaient immobiles. Le bras du sergent éternisait un geste inachevé. Sur une dalle de la cour, une abeille projetait une ombre fixe. Le vent avait cessé, comme dans un tableau. Hladik essaya un cri, une syllabe, la torsion d'une main. Il compris qu'il était paralysé. Il ne recevait plus la rumeur du monde figé."
Jorge Luis Borges. Fictions. le miracle secret. Traduction P. Verdevoye.
Une implacable verticalité plongea Lambert dans de salvatrices abysses. Le temps nécessaire d'avoir envie d'autre chose ; sans le protocole de rigueur des états d'urgence.
Le corps de Lambert a voyagé instantanément ici et là-bas. Mais son esprit fit le chemin à pied car la pensée n’existe qu’à partir de la rétention de ses propres opérations.
En chemin, les paris abondaient avec soi. L'échec d'un équilibre sur un trottoir irrégulier pouvait signifier de bien mauvais présages, tandis que le soleil pouvait apparaître au moment voulu. Ces réminiscences de l'écolier d'autrefois semblaient croiser les étranges reculons de Lambert.
Ainsi, les constellations irisaient la vision de Lambert, inéxorablement.
Corps flottants, quelque soit l'horizon.
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21 avril 2008
Piqué au vif
.»
Henry Maldiney, L'avènement de l'oeuvre
C'était ainsi que s'achevait une partie de la vie de Lambert ; Sans l'ombre d'une nostalgie de circonstance, l'épaisseur d'un certain réel avait pris le dessus. La tentative de brasse coulée, imposée par un scénariste monomaniaque, avait elle même survécue.
Ce fut un long voyage dont la finalité se laissait percevoir en remontant légèrement le temps, ce qui donnait toujours l'illusion d'avoir un coup d'avance sur son propre destin.
Quand celui que vous n'êtes pas vraiment disparaît à vos propres yeux, il faut bien monologuer sans complaisance sans la re-présentation de thèmes aux constats éprouvés. Et quand ce n'est plus dans la chambre d'écho que « Ça » résonne, l'histoire passe enfin de l'autre coté.
Lambert vit une mélancolie, l'épingle dans la tête.
Ce n'était plus le temps des vanités.
21:48 Publié dans Roman progressif | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
11 juillet 2007
Cosmogonie
Clément Rosset. Principes de sagesse et de folie.
Une détonation un peu molle, voilà une drôle d'idée pour un big-bang. De ce point d'entrée en matière, purement arbitraire, partit toutes les conjectures sur le devenir. Lambert revenait de ses illusions pour voyager mieux, et conjecturait sur un quotidien apaisé.
http://www.periodieksysteem.com/images/match-igniting-cro...
19:55 Publié dans Interstice(s), Lao Tseu a dit..., Roman progressif | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : big bang, rose, amour, attente
20 mai 2007
Ce soir à Samarcande
- « Privée d'immédiateté, la réalité humaine est, tout naturellement, également privée de présent. Ce qui signifie que l'homme est privé de réalité tout court, si l'on en croit là-dessus les stoïciens, dont un des points forts fut d'affirmer que la réalité se conjuguait mal au seul présent. Mais le présent serait par trop inquiétant s'il n'était qu'immédiat et premier : il n'est abordable que par le biais de la re-réprentation, selon donc une structure itérative qui l'assimile à un passé ou un futur à la faveur d'un léger décalage qui en érode l'insoutenable vigueur et n'en permet l'assimilation que sous les espèces d'un double plus digeste que l'original dans sa crudité première. D'où la nécessité d'un certain coefficient d' « inattention de la vie » au sein même de la perception attentive et utile. »
Clément Rosset. Le réel et son double.
L'orchestre finissait de s'accorder ; moment délicieux et cacophonique qui procurait à Lambert cette sensation merveilleuse d'être parmi nous, ici et maintenant. Il n'y aurait pas d'alexandrins, ni même une histoire immortelle dans l'acte suivant la tragédie de l'acte manqué. Lambert ne serait pas à Samarcande ce soir. Le lapin du siècle.
19:50 Publié dans Cadavres Exquis, Captures, Lao Tseu a dit..., Roman progressif | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
22 décembre 2006
In aqua veritas
- « Donner de l'amour, c'est vouloir donner quelque chose qu'on n'a pas à quelqu'un qui n'en veut pas. »
- « [...] Pendant les années noires, vous vous êtes bien trop laissé ballotter au gré du courant, au point de frôler la noyade, pour supporter aujourd'hui la moindre approximation dans votre façon de localiser chaque geste, dans le choix des circonstances comme dans celui des mots [...] »
Dominique Autié. Le bec dans l'eau.
Aussi, exactement, Lambert vit la ronde des interstices recouvrir le monde commun ; C'était comme autant de portes, de réservoirs de vie, d'amoncellement d'amour(s) possible(s). Il fallait en finir avec l'inertie de la verticalité stérile, cette coïncidence du cercle qui rendait la mort heureuse.
Tout n'allait pas changer : Tout avait déjà changé en silence ; comme la pellicule de neige sur les toits paisibles d'une paix inventée de toute pièce. Comme la pellicule de neige qui rendait glissante les derniers mètres qui suspendait Lambert entre l'ancien et le nouveau monde. Il eut mille fois peur de tomber dans l'abîme et cent fois l'envie de s'y jeter. Puis la curiosité fit taire le bestiaire millénaire.
Visiblement, l 'autre coté du pont était fait d'eau vive.
23:20 Publié dans Cadavres Exquis, Chroniques, Interstice(s), Roman progressif, Tailler en pièces | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
05 septembre 2006
Magnificat
De nombreuses Ombres autour de Lambert avaient recours aux bêta-bloquants afin de pallier toutes les émotions fortes du quotidien-plancher au ciel-lunapark.
Le contrôle des émotions allait de paire avec la fâcheuse tendance d'étaler sans ménagement toute sa chirurgicale pornographie. N'importe quel bar ferait désormais l'affaire ;
Roméo se moeurs meurt tandis que Juliette commande sur internet ses sextoys bluetooth, à moins que ce ne soit l'inverse ; séquentiellement ET simultanément.
Les fleuves de l'éternité n'ont pas cours ici. L'éternel présent vous aguiche lourd de promesses instantanées ; C'est alors que contre toute attente, un(e) Autre serre Lambert dans ses bras pour lui donner du courage et c'est ventre à terre que Lambert évitera les balles perdues.
Pourvu que l'Autre ait fait de même.
19:45 Publié dans Roman progressif | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
06 juillet 2006
Danse à deux
08:00 Publié dans Roman progressif | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
02 juillet 2006
Haut de Forme
Les cheveux de Lambert poussaient depuis peu selon un ordre établi. De leurs longueurs dépendaient sa vision du monde ou plus exactement l'intérêt d'en occulter la lisière. Ce monde agissait comme un accélérateur dont nous étions les particules hirsutes. Le choc des civilisations provoquait une réaction en chaînes et - surtout - la crainte de l'alopécie. Bénéficiant d'une corne d'abondance, Lambert égayait ses antennes à la recherche du temps perdu à venir dont l'incertitude excitait l'imagination.
14:15 Publié dans Roman progressif | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note













