19 septembre 2009
Les revers du rêveur
"O mito é o nada que é tudo."
Fernando Pessoa.
Que se passe t-il quand nos rêves deviennent réalité ?
Bien au delà des limites où le quotidien pouvait le protéger, Lambert arpentait un lieu qui extirpait chaque illusion avec une langueur presque amoureuse.
Mais depuis, le passeur était passé. Il avait amené avec lui de quoi écouter la rumeur du réel.
Lambert l'entendait dès lors souvent, avec une joie qui dissipa une fois pour toutes les épais brouillards d'une autre vie.

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13 juillet 2009
Le passeur (ou l'enchantement du monde)
"Vuelvo al Sur, como se vuelve siempre al amor, vuelvo a vos, con mi deseo, con mi temor. Llevo el Sur, como un destino del corazon, soy del Sur, como los aires del bandoneon. Sueño el Sur, inmensa luna, cielo al reves, busco el Sur, el tiempo abierto, y su despues. Quiero al Sur, su buena gente, su dignidad, siento el Sur, como tu cuerpo en la intimidad. Te quiero Sur, Sur, te quiero. Vuelvo al Sur,
como se vuelve siempre al amor, vuelvo a vos, con mi deseo, con mi temor. Quiero al Sur, su buena gente, su dignidad, siento el Sur, como tu cuerpo en la intimidad. Vuelvo al Sur, llevo el Sur, te quiero Sur, te quiero Sur.
"
Asotor Piazzolla. Vuelvo al Sur.
Lambert tremblait. Il n'était pas prêt, il ne l'avait jamais été.
C'était pourtant l'heure de passer de l'autre coté.
Ce n'était pas Charon qui était venu, mais l'Ami de toujours, le seul qui pouvait sans doute encore voir au delà car il était mort plusieurs fois mais était revenu sans le faire exprès.
C'était une cathédrale qui transperça Lambert : Des flèches de lumière dans un labyrinthe Borgésien.
Le voyage n'était pas celui que Lambert avait imaginé, mais il rapporta que quoi affronter ces prochaines années.

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24 mars 2009
Trois heures moins cinq (l'énigme de l'heure 1/2)
Il suffisait de lire de travers, dans l'urgence de comprendre le monde, pour amalgamer la volonté de puissance et l'action permanente.
Une tentative d'introspection, alors que l'esprit tourne à plein régime dans les contingences, a généralement l'élégance d'échouer. L'improbable légèreté des mots collait aux pieds aussi sûrement que le plus épais des murs.
Lambert savourait un souvenir qui dura un peu plus que d'ordinaire. Ce qui semblait perdu à jamais revenait d'une longue ellipse. Ce qui semblait éternel devint incertain, et son regard s'attardait sur des terres devenues étrangères.
Quelques interstices semblaient se réouvrir peu à peu. Une certaine forme attendait sagement devant l'antichambre des promesses non tenues. Réapparaissait ce langage particulier, comme un réapprentissage des lieux après un long voyage. Lambert s'était assez éloigné de lui-même pour se regarder avec toute la cruauté nécessaire dans le blanc des yeux.
Une nouvelle page tourna toute seule, puis une autre. Des cahiers entiers de pages vierges mimaient une danse macabre. Et Pourtant. La peur était plus inoffensive que la moindre note qui servirait de diapason. Ce n'était pas la guerre qui commençait, mais une révolution dans l'amitié colorée qui tentait de survivre ça et là. Les miracles existaient, l'espace d'un fol espoir, où une amnésie salvatrice changeait le plomb en or.


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09 juillet 2008
Silva rerum
J.G Ballard, La forêt de cristal
Ainsi, l'aube revenait et ses rayons matinaux ne blessaient plus les yeux. Puis, quand le crépuscule tombait, la peur d'un bleu parfois trop dur, comme l'écho d'une solitude passagère, ne reflétait plus que le bonheur d'être ici, maintenant.
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10 décembre 2007
La porte d'à coté.
Il semblait qu'une partie de Lambert était resté de l'autre coté, un jour sans joie où la désinvolture n'était pourtant pas de mise. Dans cette réalité qui s'apparentait au plausible, on ne voyageait pas sans une bonne raison, et ne pas s'être ému de cette raison laissa une absence d'indice sur la route de l'imprudent Lambert, au seuil d'un songe ou d'une nuit d'été.
Cette absence ressemblait à un morceau d'étoffe précieuse, une portion de joie tissée avec grand soin qu'il s'agissait de frotter sur sa joue certains jours immobiles.
Il faudrait attendre que toutes les portes s'ouvrent à nouveau à l'horizon. Lambert attendit donc son heure, le regard oblique vers d'autres voies : à peine dissimulés, à la frange même du champs de vision se trouvaient les ondulations d'un passeur en mouvement. Le temps avait pris de l'avance, rien ne pressait. Mais au prochain frémissement, il faudrait suivre.
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08 octobre 2007
L'amour du troc (manuel du poireau (anti)suicide)
La voûte céleste quadrillait trop parfaitement le ciel pour être remarquable ; du coup, ce voyage était long, contenant l'ensemble de la vie de Lambert.
Ce fût l'heure du renoncement au renoncement qui approchait. Les souvenirs pouvaient toujours essayer d'écraser Lambert, jetés et véloces d'une haute tour aux regrets éternels.
L'objet transitionnel, à défaut du Saint-Graal, pouvait être une soupe aux poireaux, façon Duras, comme l'évocation de l'enfance, de la buée sur les vitres de la cuisine et des monstres au fond du placard.
L'instant d'après, concentré sur une tête d'épingle, la vie de Lambert tira vers le ciel.
18:30 Publié dans Interstice(s) | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : brume, monstre, poireau, anti-suicide
09 septembre 2007
Sur le rivage
- Il va y avoir un revirement du destin non ?
- Excatement, dit Oshima. C'est ce qui fait le sel des histoires :
[...] »
Haruki Murakami, Kafka sur le rivage.
Prenons une idée non-circulaire qui sent bon la marée. On peut ne pas aimer cette odeur, encore moins l'idée de cette odeur, mais saluer le vieil océan est pourtant la moindre des politesses ; mieux encore : une raison suffisante de se sentir bien, ici et maintenant.
L'appartement de Lambert empestait le poisson, non sans raison. Sur cette île déserte, il mangeait cru, puisqu'on était vendredi. La marée montait moins vite que prévue, une chance pour lire d'avantage, les pieds léchés par l'écume des jours.
Cette île était une corde. Un seul faux-pas sur l'étroite bande de sable, ou sur les vagues minuscules, et c'était la clameur d'un autre monde qui chercherait désormais Lambert désespérément. Ses traçes s'estompaient trop vite pour qu'on puisse remonter la piste qui menait jusqu'à lui.
Il y avait un temps superbe ; c'était un bon prétexte pour être heureux, mais il aurait tout aussi bien pu tomber des sardines et des maquereaux.
De toute façon, ça sentait déjà le poisson.
12:35 Publié dans Chroniques, Interstice(s), Lao Tseu a dit..., Pur sucre | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
14 août 2007
¡ Viva la Revolución !
Lambert avait les yeux fermés, l'endroit était tranquille. C'était assez rare Lambert se tenir si droit, sans doute assis à l'ombre d'un soleil trop rare. Des images défilaient devant ses yeux clos, à intervalles réguliers mais rapidement ; c'était des images éparses de sa vie,. Il ne distinguait guère les contours, signe évident d'une révolution, d'un oubli salvateur du détail qui pouvait tuer.
Les larmes pouvaient couler de temps, provoquant un nouveau kaléidoscope sur une ancienne ligne du temps. C'était l'heure idéale pour signer un traité de paix. Rien n'était plus paisible, justement, que de vouloir vivre en connaissance de cause. D'un seul coup il réalisa qu'il avait trente six ans, qu'il avait les cheveux longs, qu'il venait de dire « je t'aime » sans chanter faux et qu'il existait pour de bon.
C'était le moment pour un bain de pied dans le Tao.
22:45 Publié dans Interstice(s) | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
11 juillet 2007
Cosmogonie
Clément Rosset. Principes de sagesse et de folie.
Une détonation un peu molle, voilà une drôle d'idée pour un big-bang. De ce point d'entrée en matière, purement arbitraire, partit toutes les conjectures sur le devenir. Lambert revenait de ses illusions pour voyager mieux, et conjecturait sur un quotidien apaisé.
http://www.periodieksysteem.com/images/match-igniting-cro...
19:55 Publié dans Interstice(s), Lao Tseu a dit..., Roman progressif | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : big bang, rose, amour, attente
04 juin 2007
Contenu/Contenant
Clément Rosset. Le réel et son double.
L'univers n'est pas le miroir de l'esprit.
Rien là-bas
Rien ici
Ne montre notre image.
L'esprit est le miroir de l'univers. »
Franck Herbert. L'incident Jésus.
L'intensité d'un point à l'horizon attirait l'attention de Lambert. Pour une fois, ce n'était pas Vénus qui faisait son intéressante entre chien et loup. Ce point annonçait un autre temps où Lambert vivrait sans y penser : le triomphe de l'expérience et du hasard.
Aucune carte du ciel n'hypothéquait le prochain mouvement. Il fallait compter sur soi, et/ou plutôt repérer le nombre de reflets dont seule la musique adoucissait les moeurs.
En cherchant des alliés, Lambert s'était longtemps aliéné. Aussi il se replia sur lui même, et fit un saut quantique.
L'archéologie eut son heure de gloire, la prochaine carte sera plus vaste ; jardinier peut-être ?
Lambert était déjà ailleurs. Difficile à dire. La description pouvait pourtant être simple, en suivant l'étoile.
Par dépit, Vénus regarda ailleurs, cette cruche.
21:32 Publié dans Interstice(s), Lao Tseu a dit..., Pur sucre, Tailler en pièces | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cruche, vénus, étoile, carte, du, ciel, chien









