09 juillet 2008
Silva rerum
J.G Ballard, La forêt de cristal
Ainsi, l'aube revenait et ses rayons matinaux ne blessaient plus les yeux. Puis, quand le crépuscule tombait, la peur d'un bleu parfois trop dur, comme l'écho d'une solitude passagère, ne reflétait plus que le bonheur d'être ici, maintenant.
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10 décembre 2007
La porte d'à coté.
Il semblait qu'une partie de Lambert était resté de l'autre coté, un jour sans joie où la désinvolture n'était pourtant pas de mise. Dans cette réalité qui s'apparentait au plausible, on ne voyageait pas sans une bonne raison, et ne pas s'être ému de cette raison laissa une absence d'indice sur la route de l'imprudent Lambert, au seuil d'un songe ou d'une nuit d'été.
Cette absence ressemblait à un morceau d'étoffe précieuse, une portion de joie tissée avec grand soin qu'il s'agissait de frotter sur sa joue certains jours immobiles.
Il faudrait attendre que toutes les portes s'ouvrent à nouveau à l'horizon. Lambert attendit donc son heure, le regard oblique vers d'autres voies : à peine dissimulés, à la frange même du champs de vision se trouvaient les ondulations d'un passeur en mouvement. Le temps avait pris de l'avance, rien ne pressait. Mais au prochain frémissement, il faudrait suivre.
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08 octobre 2007
L'amour du troc (manuel du poireau (anti)suicide)
La voûte céleste quadrillait trop parfaitement le ciel pour être remarquable ; du coup, ce voyage était long, contenant l'ensemble de la vie de Lambert.
Ce fût l'heure du renoncement au renoncement qui approchait. Les souvenirs pouvaient toujours essayer d'écraser Lambert, jetés et véloces d'une haute tour aux regrets éternels.
L'objet transitionnel, à défaut du Saint-Graal, pouvait être une soupe aux poireaux, façon Duras, comme l'évocation de l'enfance, de la buée sur les vitres de la cuisine et des monstres au fond du placard.
L'instant d'après, concentré sur une tête d'épingle, la vie de Lambert tira vers le ciel.
18:30 Publié dans Interstice(s) | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : brume, monstre, poireau, anti-suicide
09 septembre 2007
Sur le rivage
- Il va y avoir un revirement du destin non ?
- Excatement, dit Oshima. C'est ce qui fait le sel des histoires :
[...] »
Haruki Murakami, Kafka sur le rivage.
Prenons une idée non-circulaire qui sent bon la marée. On peut ne pas aimer cette odeur, encore moins l'idée de cette odeur, mais saluer le vieil océan est pourtant la moindre des politesses ; mieux encore : une raison suffisante de se sentir bien, ici et maintenant.
L'appartement de Lambert empestait le poisson, non sans raison. Sur cette île déserte, il mangeait cru, puisqu'on était vendredi. La marée montait moins vite que prévue, une chance pour lire d'avantage, les pieds léchés par l'écume des jours.
Cette île était une corde. Un seul faux-pas sur l'étroite bande de sable, ou sur les vagues minuscules, et c'était la clameur d'un autre monde qui chercherait désormais Lambert désespérément. Ses traçes s'estompaient trop vite pour qu'on puisse remonter la piste qui menait jusqu'à lui.
Il y avait un temps superbe ; c'était un bon prétexte pour être heureux, mais il aurait tout aussi bien pu tomber des sardines et des maquereaux.
De toute façon, ça sentait déjà le poisson.
12:35 Publié dans Chroniques, Interstice(s), Lao Tseu a dit..., Pur sucre | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
14 août 2007
¡ Viva la Revolución !
Lambert avait les yeux fermés, l'endroit était tranquille. C'était assez rare Lambert se tenir si droit, sans doute assis à l'ombre d'un soleil trop rare. Des images défilaient devant ses yeux clos, à intervalles réguliers mais rapidement ; c'était des images éparses de sa vie,. Il ne distinguait guère les contours, signe évident d'une révolution, d'un oubli salvateur du détail qui pouvait tuer.
Les larmes pouvaient couler de temps, provoquant un nouveau kaléidoscope sur une ancienne ligne du temps. C'était l'heure idéale pour signer un traité de paix. Rien n'était plus paisible, justement, que de vouloir vivre en connaissance de cause. D'un seul coup il réalisa qu'il avait trente six ans, qu'il avait les cheveux longs, qu'il venait de dire « je t'aime » sans chanter faux et qu'il existait pour de bon.
C'était le moment pour un bain de pied dans le Tao.
22:45 Publié dans Interstice(s) | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
11 juillet 2007
Cosmogonie
Clément Rosset. Principes de sagesse et de folie.
Une détonation un peu molle, voilà une drôle d'idée pour un big-bang. De ce point d'entrée en matière, purement arbitraire, partit toutes les conjectures sur le devenir. Lambert revenait de ses illusions pour voyager mieux, et conjecturait sur un quotidien apaisé.
http://www.periodieksysteem.com/images/match-igniting-cro...
19:55 Publié dans Interstice(s), Lao Tseu a dit..., Roman progressif | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : big bang, rose, amour, attente
04 juin 2007
Contenu/Contenant
Clément Rosset. Le réel et son double.
L'univers n'est pas le miroir de l'esprit.
Rien là-bas
Rien ici
Ne montre notre image.
L'esprit est le miroir de l'univers. »
Franck Herbert. L'incident Jésus.
L'intensité d'un point à l'horizon attirait l'attention de Lambert. Pour une fois, ce n'était pas Vénus qui faisait son intéressante entre chien et loup. Ce point annonçait un autre temps où Lambert vivrait sans y penser : le triomphe de l'expérience et du hasard.
Aucune carte du ciel n'hypothéquait le prochain mouvement. Il fallait compter sur soi, et/ou plutôt repérer le nombre de reflets dont seule la musique adoucissait les moeurs.
En cherchant des alliés, Lambert s'était longtemps aliéné. Aussi il se replia sur lui même, et fit un saut quantique.
L'archéologie eut son heure de gloire, la prochaine carte sera plus vaste ; jardinier peut-être ?
Lambert était déjà ailleurs. Difficile à dire. La description pouvait pourtant être simple, en suivant l'étoile.
Par dépit, Vénus regarda ailleurs, cette cruche.
21:32 Publié dans Interstice(s), Lao Tseu a dit..., Pur sucre, Tailler en pièces | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cruche, vénus, étoile, carte, du, ciel, chien
19 avril 2007
La sémantique du désert
Au pied d'une Sainte Victoire, Lambert pût revenir à lui, précisément là où la joie lui revint définitivement tandis qu'il dormait sur une épaule plutôt que sur ses deux oreilles. Les temps sont difficiles lorsque qu'on compatit trop à la folie des siens, mais inestimable est la découverte d'une oasis, même si le désert avance inexorablement. Les chantiers arythmiques reposaient Lambert.
22:40 Publié dans Interstice(s) | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : sémantique, désert, sainte, victoire, chantier, oasis
18 mars 2007
Métempsychose de printemps
Lambert vivait son quotidien plusieurs fois, simultanément. Un léger décalage se produisait dans cette phase étrange où il pouvait se regarder sans se voir, mais avec la conscience certaine d'être observé par lui-même.
C'était un moyen très simple pour sortir de soi, et contempler la joie indicible qui régnait désormais dans sa vie.
Rien ne changeait – Tout changeait. Un non-cri de joie emplissait de silence tout un passé douloureux, par pur choix.
Une chute vertigineuse produisait un rebond salvateur, à condition d'avoir développé son élasticité ou sa capacité à se trouver déjà ailleurs avant et après la chute.
14:40 Publié dans Interstice(s) | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
19 février 2007
Solidification
- « Les bonnes idées sont celle qui viennent en marchant... Il existe au monde un chemin sans autre pareil et que nul ne peut frayer, toi excepté. Où mène-t-il ? Ne le demande pas. Suis-le. »
Friedrich Nietzsche
Parfois pourtant, les genres se mélangeaient, et un paysage radieux se voyait baigné dans une lumière d'un bleu monochrome, tandis que mille reflet arc-en-ciel rendait superbe un simple verre d'eau.
Par le passé, ces particularités furent effrayantes. Naviguer en eau trouble nous expose à nous même avec l'heureuse destinée de perdre au moins une idiote innocence.
C'est en cela que creuser à mains nues la tombe de ses illusions provoque parfois un éveil, presque douloureux ; un changement de spectre.
Lambert trouvait sa place dans le monde qui existait encore, dans la transparence d'une eau qui s'évapore doucement au soleil.
22:45 Publié dans Captures, Interstice(s), Lao Tseu a dit... | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note










