04 juin 2005

Drame contemporain - Robert et Judith

Une pièce de séjour, chichement décorée dans le style des années 50, avec une télévision et la radio allumées en même temps. Un homme est assis dans un canapé, sur le bord, il s'appellera Robert, Sur l'autre bord, elle s'appellera Judith, se ronge un ongle puis se lève et gesticule. Un chien en plastique est au milieu de la scène en avant plan. Un magazine féminin est posée par terre près du canapé, près de la place de Judith.

Judith n'est pas contente car Robert semble enfermé dans un mutisme forcé. Elle veut qu'il parte, menace de partir elle même, puis renonce. Robert ne dit rien, regarde par terre, on dirait qu'il attend le train ou le bus, personne ne sait. Suspendue entre deux mouvements, Judith finie par s'asseoir à nouveau et fait mine de lire Son magazine féminin. Judith reproche soudain à Robert de porter un masque ; de ne pas être naturel dans ses rapports avec elle. Robert se tourne vers elle avec beaucoup de tendresse, tend la main vers sa joue et la caresse tendrement. Il pense qu'elle pourrait comprendre que la vie est compliquée, que la pudeur du coeur n'est pas un écran de télévision, ou un journal intime qui s'étale au grand jour ; Judith fait la moue. Elle est très belle quand elle fait la moue et elle le sait. Robert ne joue son jeu à elle. Elle le trouve ringard avec ses problèmes qui le ronge ; Quel imbécile ! Il suffit de décider d'être léger, c'est pourtant si facile de rire au soleil de la vie ! Mais non. Robert se complaît dans un univers sombre et mélancolique ; une sorte de pause métaphysique ou la complexité masque son ennui et son désarroi ! Judith est fière de ses choix à elle ; un amour simple et heureux et surtout plus d'angoisse, plus de complexité. Elle se lève pour éteindre la télévision, puis la rallume avant de reprendre sa place sur le canapé. La vie est plus jolie au soleil, le moral au beau fixe, dans la douceur paisible d'une transparence totale de ses idéaux. Judith est authentique et exigeante. Robert DOIT le comprendre, sinon il restera sinistre et seul ! Qui voudrait d'un quasi-sectaire qui se pose trois questions sur la vie ? Quel idiot, alors qu'il suffit de danser, de chanter dans l'amour fusionnel. Judith est une enfant où le bonheur se conjugue avec l'immédiateté, la souveraineté invincible de son innocence sauvera le (son) monde de la destruction. Robert quand à lui s'allume une cigarette. Il adore Judith malgré tout. Tout quoi déjà ?Il l'imagine blottie sur trois piliers de vérités trouvée au hasard de sa vie et voguant sur le radeau de l'amour que la chance et quelques bûcherons de passage lui ont construit. Robert n'a pas le coeur de lui briser le sien, justement, à cette Jolie Lolita qui ne pêche que par excès. Aussi jolie que fragile, elle refuse les secrets et le droit à l'erreur qui la renverrait à un passé qu'elle s'imagine révolu. Pauvre Robert ! Il n'a pas cette candeur, lui qui cherche un sens à sa vie ! Il en ricanerait presque, mais Judith s'imaginerait encore qu'il se moque d'elle. Il se lève d'un bond pour caresser le chien en plastique à l'avant scène. Il contemple le chien en levant le pouce, comme pour le croquer.


Rideau.


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08 mai 2005

Le coup du Canari

Un salon moderne et bourgeois. Au centre un canapé jaune moutarde avec 4 coussins de couleur bleu pâle . Un personnage principal y est assis. Coté jardin, 4 personnages "font la fête". Un bourreau moyenâgeux se situe entre le canapé et les festifs.

- Le personnage principal se pardonne ses propres erreurs que les Autres lui ont fait commettre.

- Le Bourreau est au chômage et se suicide sans bruit (sans doute avec un poison violent).

- les 4 inconnus se consument dans une fête infinie (établir un concept de fête infinie, prendre rendez vous avec le Ministère de la Culture) ; Le personnage principal est affairé ( et le bourreau est toujours mort).

- Entre une jolie fille pleine de promesses. Elle se place à l'avant scène et débute une conférence sur le développement durable, elle restera là jusqu'à la fin de l'acte-pièce. Elle ne crie pas mais sa voix porte sans toutefois être agressive. Personne ne prêtera attention à elle.

- On sonne, le personnage principal va ouvrir, le facteur, une lettre, pas un mot, la porte se referme.

- C'est une lettre administrative sans queue ni tête, lue à voix basse.

- Un voleur passe par la fenêtre alors que le personnage principal semble absorbé dans sa lecture insensée.

- Le voleur s'approche suffisamment près pour voler la lettre et s'enfuir par la porte.

- Le personnage principal s'en étonne avec retard, semble satisfait, met une veste et sort en sifflotant.

Rideau.

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