13 février 2006

Affluent

Lambert aurait pu s'abandonner tandis qu'un soir sans rêves attristait le paysage. Fin d'une lutte sanglante, blessures quasi-fatales (foetales) de destin inachevé. Le renoncement pris la forme d'un double impitoyable qui ne tricha aucunement, même avec la mort. Aimer n'était pas suffisant, avec toute la candeur que cela impliquait.
 
Au bord du Léthé, des mains surpuissantes tentaient de maintenir un Autre sous l'eau jusqu'à l'asphyxie. Lambert se rendit compte que l'homme était seul, ses propres mains lui servaient d'exécuteur testamentaire.
 
Du fond d'un puits une forme fixait Lambert et chuchotait quelques fables qui revenaient à se moquer de celui qui voulait changer sa vie sans contreparties. Lambert vint à se demander lui aussi où était le concret de son engagement, ne serait-ce que dans le cours habituel des choses.
 
Rêver d'une herbe plus verte ailleurs impliquait liminairement apprendre à jardiner.
 

30 novembre 2005

A view to a kill

Alors l'Oubli ? Non pas cette fois. Lambert refusa de dormir. La brume épaisse l'aguichait -le coup du mystère insondable- puis s'évanouit lorsque Lambert jeta un « Perdono pero no olvido » du haut d'une montagne d'ordures.

 

 

 

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 Tiré du film Avalon de Mamoru Oshii.
 

 

09 novembre 2005

Satiété.

« [...] Mais, venant d’une direction que je ne soupçonne pas encore, voici que s’approche le miracle de la libération. Cela peut se produire sur le rivage, et la même éternité qui, tout à l’heure, suscitait mon effroi est maintenant le témoin de mon accession à la liberté. En quoi consiste donc ce miracle ? Tout simplement dans la découverte soudaine que personne, aucune puissance, aucun être humain, n’a le droit d’énoncer envers moi des exigences telles que mon désir de vivre vienne à s’étioler. Car si ce désir n’existe pas, qu’est-ce qui peut alors exister ? [...] »

 

Stig Dargerman. Notre besoin de consolation est impossible à rassasier.
 
 
 
Lambert pensa à une certaine solitude qui étreint parfois ses semblables. Elle pouvait rendre sublime ou pitoyable, certes. Mais parfois la finalité de tout ceci échappe à ceux qui sont soumis à l'épreuve : ils prétendent devenir meilleurs.
 
 

21 octobre 2005

Corporation

Il y a un mystérieux voile qui s'abat quelquefois sur les amants sublimes. Un écran de confusion - une attaction de l'attraction - une complicité (complexité ?) qui n'en est pas une devant l'intime exposé.

 
Si les mots se perdent - c'est que le sens est ailleurs.

 

Alors Lambert continua de l'embrasser.

 

 

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16 octobre 2005

Les anges nous mangent car l'éther rend circulaire

 
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Reflet dans un oeil d'or

« Mais le cosmos recèle aussi bien le baume que l'amertume, et ce baume est le népenthès ».
 
H. P. Lovecraft. Je suis d'ailleurs.
 
 

02 octobre 2005

Déminéralisé

Quand l'esprit se vide comme une bouteille renversée, suivant la rigole insensée du mouvement perpétuel ; Il reste alors des flacons vides, dérivant sur un tout petit océan dont l'amertume inquiète.


Lambert ne savait pas faire la planche dans un univers qui psalmodiait « fluide » dans toutes les langues de la Terre.

 

 

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24 septembre 2005

Un tramway nommé désir

« Il ne se retourna pas et eut l'impression de monter dans un train sans fin lancé dans la nuit insondable vers un futur brumeux et incertain. »
2046. Wong Kar Waï.
 
 
 
 
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22 septembre 2005

Silice

C’était entre deux brouillards légers d’un matin ordinaire que Lambert trouva refuge. On distinguait à peine la pente douce d’une plage, tandis que la mer discrètement se retirait, laissant probablement quelques indices de ses amours nocturnes.

« un rien les séparait. »
 
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11 septembre 2005

Produit intérieur brut

 

 

Une croisée anonyme des signifiés interpella Lambert dans un lieu clos sans fenêtres mais ouvert sur le monde.

 

 

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