24 mars 2009

Trois heures moins cinq (l'énigme de l'heure 1/2)

Il suffisait de lire de travers, dans l'urgence de comprendre le monde, pour amalgamer la volonté de puissance et l'action permanente.

Une tentative d'introspection, alors que l'esprit tourne à plein régime dans les contingences, a généralement  l'élégance d'échouer. L'improbable légèreté des mots collait aux pieds aussi sûrement que le plus épais des murs.

Lambert savourait un souvenir qui dura un peu plus que d'ordinaire. Ce qui semblait perdu à jamais revenait d'une longue ellipse. Ce qui semblait éternel devint incertain, et son regard s'attardait sur des terres devenues étrangères.

Quelques interstices semblaient se réouvrir peu à peu. Une certaine forme attendait sagement devant l'antichambre des promesses non tenues. Réapparaissait ce langage particulier, comme un réapprentissage des lieux après un long voyage. Lambert s'était assez éloigné de lui-même pour se regarder avec toute la cruauté nécessaire dans le blanc des yeux.

Une nouvelle page tourna toute seule, puis une autre. Des cahiers entiers de pages vierges mimaient une danse macabre. Et Pourtant. La peur était plus inoffensive que la moindre note qui servirait de diapason. Ce n'était pas la guerre qui commençait, mais une révolution dans l'amitié colorée qui tentait de survivre ça et là. Les miracles existaient, l'espace d'un fol espoir, où une amnésie salvatrice changeait le plomb en or.

 

The_Enigma_of_the_Hour.jpg
Giorgio de Chirico (1888-1978) L'énigme de l'heure.

http://upload.wikimedia.org/wikipedia

http://lunettesrouges.blog.lemonde.fr/2009/02/25

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