25 octobre 2008

Comment ressusciter dans une laverie-automatique (1/2)

 

"L'univers physique s'arrêta.
Les armes convergeaient sur Hladik, mais les hommes qui allaient le tuer étaient immobiles. Le bras du sergent éternisait un geste inachevé. Sur une dalle de la cour, une abeille projetait une ombre fixe. Le vent avait cessé, comme dans un tableau. Hladik essaya un cri, une syllabe, la torsion d'une main. Il compris qu'il était paralysé. Il ne recevait plus la rumeur du monde figé."


Jorge Luis Borges. Fictions. le miracle secret. Traduction P. Verdevoye.

 

Une implacable verticalité plongea Lambert dans de salvatrices abysses. Le temps nécessaire d'avoir envie d'autre chose ; sans  le protocole de rigueur des états d'urgence.

Le corps de Lambert a voyagé instantanément ici et là-bas. Mais son esprit fit le chemin à pied car la pensée n’existe qu’à partir de la rétention de ses propres opérations.

En chemin, les paris abondaient avec soi. L'échec d'un équilibre sur un trottoir irrégulier pouvait signifier de bien mauvais présages, tandis que le soleil pouvait apparaître au moment voulu. Ces réminiscences de l'écolier d'autrefois semblaient croiser les étranges reculons de Lambert.

Ainsi, les constellations irisaient la vision de Lambert, inéxorablement.

 

 

Corps flottants, quelque soit l'horizon.

 

 

 

Lausanne_avril-2008.jpg

 

 

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Commentaires

Et la part de foin réside dans le cheminement même.

Joie de vous lire, Lambert !

Ecrit par : Préau | 30 octobre 2008

L'échec d'un équilibre sur un trottoir irrégulier .... mmmh, vous avez expérimenté une sensation proustienne, félicitations :En roulant les tristes pensées que je disais il y a un instant j'étais entré dans la cour de l'hôtel de Guermantes et dans ma distraction je n'avais pas vu une voiture qui s'avançait; au cri du wattman je n'eus que le temps de me ranger vivement de côté, et je reculai assez pour buter malgré moi contre des pavés assez mal équarris derrière lesquels était une remise. Mais au moment où me remettant d'aplomb, je posai mon pied sur un pavé qui était un peu moins élevé que le précédent, tout mon découragement s'évanouit devant la même félicité qu'à diverses époques de ma vie m'avaient donnée la vue d'arbres que j'avais cru reconnaître dans une promenade en voiture autour de Balbec, la vue des clochers de Martinville, la saveur d'une madeleine trempée dans une infusion, tant d'autres sensations dont j'ai parlé et que les dernières œuvres de Vinteuil m'avaient paru synthétiser. Comme au moment où je goûtais la madeleine, toute inquiétude sur l'avenir, tout doute intellectuel étaient dissipés

Ecrit par : selian | 01 novembre 2008

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