09 septembre 2007
Sur le rivage
- Il va y avoir un revirement du destin non ?
- Excatement, dit Oshima. C'est ce qui fait le sel des histoires :
[...] »
Haruki Murakami, Kafka sur le rivage.
Prenons une idée non-circulaire qui sent bon la marée. On peut ne pas aimer cette odeur, encore moins l'idée de cette odeur, mais saluer le vieil océan est pourtant la moindre des politesses ; mieux encore : une raison suffisante de se sentir bien, ici et maintenant.
L'appartement de Lambert empestait le poisson, non sans raison. Sur cette île déserte, il mangeait cru, puisqu'on était vendredi. La marée montait moins vite que prévue, une chance pour lire d'avantage, les pieds léchés par l'écume des jours.
Cette île était une corde. Un seul faux-pas sur l'étroite bande de sable, ou sur les vagues minuscules, et c'était la clameur d'un autre monde qui chercherait désormais Lambert désespérément. Ses traçes s'estompaient trop vite pour qu'on puisse remonter la piste qui menait jusqu'à lui.
Il y avait un temps superbe ; c'était un bon prétexte pour être heureux, mais il aurait tout aussi bien pu tomber des sardines et des maquereaux.
De toute façon, ça sentait déjà le poisson.
12:35 Publié dans Chroniques, Interstice(s), Lao Tseu a dit..., Pur sucre | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note




