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31 mai 2007

Quatre chemins parmi tant d'autres

 

Lambert se prêta au jeu : 

 

 

Les 4 livres de mon enfance :
Le dictionnaire
San Antonio
L'encyclopédie du corps humain
Le club des cinq 

Les 4 écrivains que je lirai et relirai encore :
Asimov
Nietzsche
Jung
Borges

Les 4 auteurs que je ne lirai probablement plus jamais :
Freud
Gracq
Lao-Tseu
La Comtesse de Ségur

Les 4 premiers livres de ma liste à lire :
Le principe de cruauté - Clément Rosset
La forme profonde - Denis Lachaud
Tous à Zanzibar - John Brunner
L'enfant brulé - Stig Dagermann

Les 4 livres que j'emporterais sur une île déserte :
La Bible
Ainsi parlait Zarathoustra - Nietzsche
Oeuvres Complètes - Hölderlin
L’Iliade et l’Odyssé - Homère

Les derniers mots d'un de mes livres préférés :

" Ils entendirent tous, à ce moment là, la voix de Nef dont la présence emplit tous ceux qui se trouvaient dans la plaine avant de disparaître au loin pour ne jamais être oublié : Étonne moi, Saint Espace ! "

Franck Herbert. L'incident Jésus.

 

"

 

 

 

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20 mai 2007

Ce soir à Samarcande

« Privée d'immédiateté, la réalité humaine est, tout naturellement, également privée de présent. Ce qui signifie que l'homme est privé de réalité tout court, si l'on en croit là-dessus les stoïciens, dont un des points forts fut d'affirmer que la réalité se conjuguait mal au seul présent. Mais le présent serait par trop inquiétant s'il n'était qu'immédiat et premier : il n'est abordable que par le biais de la re-réprentation, selon donc une structure itérative qui l'assimile à un passé ou un futur à la faveur d'un léger décalage qui en érode l'insoutenable vigueur et n'en permet l'assimilation que sous les espèces d'un double plus digeste que l'original dans sa crudité première. D'où la nécessité d'un certain coefficient d' « inattention de la vie » au sein même de la perception attentive et utile. »

Clément Rosset. Le réel et son double.

 

 

Lambert semblait vivre au ralenti comme pour affirmer l'adhésion aux évènements de sa vie. Dans les moments de désespoirs qui tentent parfois leurs danses macabres, Lambert ne s'enfuyait plus comme autrefois. Pourquoi fuir là où il était sûr d'aller au devant d'une fatale détresse ? Il restait tel qu'en lui même à regarder les vastes paysages récemment conquis sur sa part de ténèbres.

L'orchestre finissait de s'accorder ; moment délicieux et cacophonique qui procurait à Lambert cette sensation merveilleuse d'être parmi nous, ici et maintenant. Il n'y aurait pas d'alexandrins, ni même une histoire immortelle dans l'acte suivant la tragédie de l'acte manqué. Lambert ne serait pas à Samarcande ce soir. Le lapin du siècle.
 
 
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© Arno Fischer. Marlène Dietrich, Moscou, 1964. 
 

08 mai 2007

Fluctuat

« Nous approchions de la nuée. Des noms s'illuminaient. Le ciel s'emplissait de météores politiques et littéraires. Les surprises crépitaient. Les doux bêlaient, les aigres miaulaient, les gras mugissaient, les maigres rugissaient. »

Paul Valéry. Monsieur Teste.



Après la traversé du désert, vint l'étanchement d'une soif aux accents immobiles. Les secondes devinrent le terreau fertile de la contemplation d'un nouveau monde. L'introspection rendaient les oiseaux moins craintifs ; sur les chemins obligatoires de la vie courante, Lambert les voyait par dizaine, plus proches que jamais, s'égayant d'abondance avec la candeur caractéristique dans l'illusion d'un renouveau au quotidien. Le pire n'est jamais certain dans la grande volière-nursery de l'occident. Aussi un cortège de petites joies tombèrent sur leurs plumes comme autant de paillettes d'or et tous les moineaux crurent devenir des phénix assez peu de temps pour y croire.

 

Les courants d'airs envahissaient une ville, un pays, un continent assiégés par le manque. Il faisait tellement froid que Lambert s'enroua au point de devenir un autre. Personne ne le reconnu pendant plusieurs jours, presque physiquement. De ce mutisme forcé apparu une lutte intérieure pour tenter d'exister sans le leurre de la reconnaissance des siens. S'ensuivit une grande quiétude d'avoir toujours à perdre ce qu'on croyait être essentiel ; le pépiement des oiseaux sous un ciel pâle.

 

 

 

 

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