18 mars 2007

Métempsychose de printemps

Lambert vivait son quotidien plusieurs fois, simultanément. Un léger décalage se produisait dans cette phase étrange où il pouvait se regarder sans se voir, mais avec la conscience certaine d'être observé par lui-même.

C'était un moyen très simple pour sortir de soi, et contempler la joie indicible qui régnait désormais dans sa vie.

Rien ne changeait – Tout changeait. Un non-cri de joie emplissait de silence tout un passé douloureux, par pur choix.

Une chute vertigineuse produisait un rebond salvateur, à condition d'avoir développé son élasticité ou sa capacité à se trouver déjà ailleurs avant et après la chute.

 

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Commentaires

Des éches artistiques aux croisières du Béna,
je suis dépassé, faute de temps.

La vie antérieure,
peut-être l'amalgame de tout ce qui se passe dans mon dos...

Écrit par : Voiker | 19 mars 2007

Dixit l'autre auquel me mène le dernier lien, "a one-man religious revival" ?

Écrit par : Kate | 21 mars 2007

Voiker : attendez de voir la vie d'après (rires).

Kate : l'Oeuvre peut être grande, dixit l'autre aussi.

Écrit par : Lambert Saint-Paul | 22 mars 2007

Il est l'affection et le présent, puisqu'il a fait la maison ouverte à l'hiver écumeux et à la rumeur de l'été, lui qui a purifié les boissons et les aliments, lui qui est le charme des lieux fuyants et le délice surhumain des stations. Il est l'affection et l'avenir, la force et l'amour que nous, debout dans les rages et les ennuis, nous voyons passer dans le ciel de tempête et les drapeaux d'extase.

Il est l'amour, mesure parfaite et réinventée, raison merveilleuse et imprévue, et l'éternité : machine aimée des qualités fatales. Nous avons tous eu l'épouvante de sa concession et de la nôtre : ô jouissance de notre santé, élan de nos facultés, affection égoïste et passion pour lui, lui qui nous aime pour sa vie infinie...

Et nous nous le rappelons, et il voyage... Et si l'Adoration s'en va, sonne, sa promesse sonne : "Arrière ces superstitions, ces anciens corps, ces ménages et ces âges. C'est cette époque-ci qui a sombré !"

Il ne s'en ira pas, il ne redescendra pas d'un ciel, il n'accomplira pas la rédemption des colères de femmes et des gaîtés des hommes et de tout ce péché : car c'est fait, lui étant, et étant aimé.

O ses souffles, ses têtes, ses courses ; la terrible célérité de la perfection des formes et de l'action.

O fécondité de l'esprit et immensité de l'univers.

Son corps ! Le dégagement rêvé, le brisement de la grâce croisée de violence nouvelle !

Sa vue, sa vue ! tous les agenouillages anciens et les peines relevés à sa suite.

Son jour ! l'abolition de toutes souffrances sonores et mouvantes dans la musique plus intense.

Son pas ! les migrations plus énormes que les anciennes invasions.

O lui et nous ! l'orgueil plus bienveillant que les charités perdues.

O monde ! et le chant clair des malheurs nouveaux !

Il nous a connus tous et nous a tous aimés. Sachons, cette nuit d'hiver, de cap en cap, du pôle tumultueux au château, de la foule à la plage, de regards en regards, forces et sentiments las, le héler et le voir, et le renvoyer, et sous les marées et au haut des déserts de neige, suivre ses vues, ses souffles, son corps, son jour.

Écrit par : Rimbaud | 24 mars 2007

Génial et lumineux...

Écrit par : Lambert Saint-Paul | 29 mars 2007

Pour un oeil deux grands yeux ouverts.
Pour une dent, un sourire étincelant.
...Merci.

Écrit par : . | 30 mars 2007

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