24 octobre 2006

Potager

L'abandon d'un jardin secret mettait Lambert de forte méchante humeur. La transparence dont se targuait quelques fantômes finissaient par les évaporer définitivement.

Par contre, d'autres cultivaient en secret leurs expériences, et l'infime bruit de la terre que l'on retourne, l'évasive évocation de celle sciemment en friche, tout cela  promettait un abandon hors saison.

Un secret révélé devenait ce que l'on goûte sans avoir la moindre idée de sa provenance. Ce qui importait alors, c'était la légende.
 
 
 
 
 
 

Commentaires

La légende d'un jardin secret? Le soleil des non-dits et la pluie qui tombe telle la providence.
Ciel! une graine qui germe, et voilà qu'une idée nous vient.
Laquelle?
Attendons le printemps pour le savoir...
ça sera peut-être une fleur d'allégeance ou un navet.

Écrit par : emmanuel | 24 octobre 2006

oui cher Lambert.Si je puis vous donner un conseil d'agiculture céleste. Le vin est bon, nous en convenons et l'ivresse joyeuse,en son temps, car tout a un temps. Et le mal existe, en précipitation certaine, où en retard toujours, mais il ne le sait pas puisqu'il tourne en rond. Il est froid (bien que de coeur chaud et brûlant, dissocié), spermatique et tombe d'une vieille charogne pourrie boursouflée. Il tombe en terre et la gâte. Il se love et devient un mauvaise herbe emplie d'un mauvais suc. Je réitère, au sens des amourevx de Natvre et prend appui sur la bonne cuite du vieux Patriarche, ivre de joie devant l'autel et ferme. Prendre le vieux bois mort de la potence. Ne pas brûler le cadavre du malheureux. Le mettre en terre, sa graisse nous sera fort utile et fera un bon engrais plein de contritions. Pour les os, soyons charitable, ne pas les briser, car cela ne nous appartient pas (la Résurrection du Printemps en coccyx), là est la différence entre la Sagesse et la vérité crue des fils de Chronos qui craignent définitvement la foudre: il engendrent par la tête. Pour la mauvaise herbe, prendre par la vraie Mandragore (ou main de Dieu , je me répète) et un bon chien à trois têtes. Bien se boucher les oreilles (ça énonce strident et de sérieux sifflant et maints enfermement dialectiques, ils retourne le petit roman français en cathédrales triangulées de l' Opus Germanicum aux liernes innombrables et inutiles). La tradition des femmes et la superstition sont claires là-dessus. Et il faut de suite arracher la forme de l'homoncule glâbre d'un coup sec. Puis vite la brûler et disperser les cendres amères et colériquse qui tournent dans le feu et dans les deux sens en hurlant. Prendre garde aux proportions, c'est là le point délicat (car dans ce jeux c'est toujours le problème de se faire avaler, de nous faire croire que la droite est le cercle (voir inversement, "rotas-sator", que ce qui est droit est fermé et sans extrémités et sans horizon, bref bêtement vertical lorsqu'il se plante en terre comme un tuteur nécessaire). Trop en mettre empoisonne tout et viennent alors ceux qui mangent la poussière, qui n'ont pas de pattes et la face entalonnée, qui se mordent la queue en espérant en sortir un peu de semen volatil et fugace. Bon je termine par le meilleur, ce qui nous concerne en tant que véritables esthètes et esthètes du véritable: ce qui se partage avec l'autre, se mange et se bois. Tirer la manne de la terre grasse et féconde au moment propice, en faisant confiance aux murmures des patiences fertiles. La coaguler amoureusement à la main suivant les rythmes de la saison, elle se pétrira d'amour dans le creux thalamique. En fin vous aurez la meilleur chose qui soit, un bon chocolat, du meilleur, brun, puis blanc et pour le rouge vous l'avez déjà depuis l' Arche. Levez la tête, tout est bien.

Je résume, avec grand sérieux: "le bois mort de la potence est sec, brûle bien les mauvaise herbes, donne de la lumière et de la chaleur de l' holocauste lorsque le chocolat fond dans l'ivresse de la bouche angélique, le bois vert gardez-le, il est précieux et sort de la vieille souche couronnée. Il donne la vie et le fruit précieux comme un sourire d'enfant."

Je me permets un dernier truc de main verte: ne fermez pas votre jardin, parfois un fou nommé Zarathoustra qui cherche une carne pourrie plein de gros vers luisants (la pêche est une sainte activité quand il y a de l'eau ) viendra vous expliquer les techniques hors sol. Donnez-lui un coup de rouge, vous verrez, il vous montrera son "cul de diable" comme disaient les gueux devant les miroirs prétentieux de ceux du haut-château.

L'homme qui connait la terre réellement a peur du ciel car la craint pour sa récolte. Il sait d'où il vient, il sait où il va. Il est amoureux de son père et de sa mère, eux-même jardiniers, premiers et doux. Par cette loi immuable, il aimera ses enfants et ses productions. Là se trouve la pondération, véritable et concrète, loin des alambics, en toutes choses sophistiques de souffleurs idéaux. Si vous m'accordez encore un peu audience, je passais par là, je vous expliquerez encore comment faire un enclos hermétique et pourtant ouvert aux vents de rosée, fait de petites pierres colorées décrites selon Pline l'ancien, leurs géométries délicates et le grand artifice de leur mise en oeuvre concrète. Le plus important sera dans le traitement du passage et de la porte, du motif engravé du seuil, dans l'intelligence de la voûte humble devant le ciel et la force du linteau rationnel qui porte la pierre d'un seul tenant. Vous connaissez déjà, je le sais, la maison de Senior Zadith qui vit en Arabie heureuse. Il a un jardin antique et vivant, et philosophique par, de, pour Natvre. Bien évidement les Lavoisiers diront toujours besoin d'un microscope pour tâter une pomme qui dépasse de la palissade...

Bien certainement, ces conseils sont pour vous (ils sont modestes mais certains et très imagés et plein de plans emmêlés et confus (l'important pour le jardinier n'est pas le plan, mais la coupe, verticale et implacable et aux milles plateaux géologiques, et aussi creuse et pleine de sang vigneux et grotesque). Je ne voudrais pas vous prendre dans une vulgaire affaire de corsaire sans foi ni loi et que je respecte, je le dis sincèrement car c'est un homme de valeur (car cette guerre est juste lorsqu'il faut marquer un territoire, celui de la Folie élogieuse et de l'insouciance bête d'apparences).

Je trinque à vos moustaches aristocratiques et je pense à vous.

Écrit par : Un Rabelais. | 27 octobre 2006

Un Rabelais : Nous cuirons mille écrevisses, avec ou sans Bacchus. Un thé vert accompagnera cette débauche programmée. Son goût minéral et iodé tranchera comme la bêche qui permit le premier Creuset. À la vôtre tout autant, les bras en "X".

Emmanuel : Aucune allégeance ne nourrit son homme. Je préfère les navets ou les cucurbitacées. Les non-dits sont des soleils dans le silence des églises ; mais ici ils sont l'ombre portée d'un possible qui s'éteint. Seul le vent peut encore souffler sur les braises. La cendre est un excellent engrais.

Écrit par : Lambert Saint-Paul | 29 octobre 2006

Je suis en plein dedans.
récemment.
dans les jardins,
secrets,
les paradis,
minimaux,
une cassette,
des courriers relus dans les douves.

Un jardin secret n'est-il pas d'autant plus intéressant que l'on si rend le moins souvent possible, y laissant alors la végétation se développer dans le désordre de sa propre cohérence, pour s'y trouver alors presque étranger et devoir refaire le chemin qui mène à l'essence même de ce qu'on y avait laisser, il y a si longtemps.... [?]

Écrit par : Voiker | 31 octobre 2006

Ça sent la jachère...

Écrit par : Kate | 06 novembre 2006

Un simple (re) passage pour vous dire qu'ayant suivi votre conseil (http://www.lambertsaintpaul.net/archive/2006/10/05/lambert-sur-le-rivage.html), je me suis perdu sur les rivages de Syrtes, et que c'est avec une nostalgie déchirée que j'ai tourné la dernière page de ce chef d'oeuvre. Au plaisir de suivre à nouveau vos prochains conseils....

Écrit par : Voiker | 08 novembre 2006

Je crois avoir, depuis le 24 octobre, fait le tour de votre potager, cher Lambert. Je guette de prochains horizons. Vous n'auriez pas un mur ?

Écrit par : Dominique Autié | 08 novembre 2006

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