05 octobre 2006

Lambert sur le rivage

Pour Lambert, l'automne était traditionnellement la saison des insomnies. Sur la ligne de flottaison du sommeil devenu trop léger, le quotidien s'arc-boutait en contrastes étonnants. Lambert chérissait cette durée de vie résiduelle, cet îlot-forteresse au milieu des Syrtes. De là, il scrutait l'espoir et ses chances de ne pas dormir pendant son tour de garde. Du même regard, ailleurs, il chassait les ombres qui grandissaient anormalement dans une chambre mal éclairée. Il suffirait d'éteindre ; Les ténèbres s'entre-dévoraient dans le chuchotement sourd d'une nuit qui serait courte.
 
 
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Commentaires

Chuuuute

Écrit par : Kate | 06 octobre 2006

Vous chûtes à vos Pises éprises ?

Écrit par : Lambert Saint-Paul | 07 octobre 2006

Ahhh que je vous dise!

Écrit par : Kate | 10 octobre 2006

J'ai des insomnies aux quatre saisons, et j'aime ça. C'est grave docteur?

Écrit par : emmanuel.. | 11 octobre 2006

"La piste soudain redevint route, une tour grise sortit du brouillard épaissi, les lagunes vinrent de toutes parts à notre rencontre et lissèrent les berges d'une chaussée à fleur d'eau, quelques fantômes de bâtiments prirent consistance : c'était le bout de notre voyage, nous arrivions à l'Amirauté . [...] Ainsi surgie des brumes fantomatiques de ce désert d'herbes, au bord d'une mer vide, c'était un lieu singulier que cette Amirauté. Devant nous, au-delà d'un morceau de lande rongé de chardons et flanqué de quelques maisons longues et basses, le brouillard grandissait les contours d'une espèce de forteresse ruineuse. Derrière les fossés à demi comblés par le temps, elle apparaissait comme une puissante et lourde masse grise, aux murs lisses percés seulement de quelques archères, et des rares embrasures des canons. La pluie cuirassait ces dalles luisantes. Le silence était celui d'une épave abandonnée ; sur les chemins de ronde embourbés,
on n'entendait pas même le pas d'une sentinelle ; des touffes d'herbe emperlées crevaient çà et là les parapets de lichen gris ; aux coulées de décombres qui glissaient aux fossés se mêlaient des ferrailles tordues et des débris de vaisselle. La poterne d'entrée révélait l'épaisseur formidable des murailles: les hautes époques d'Orsenna avaient laissé leur chiffre à ces voûtes basses et énormes, où circulait un souffle d'antique puissance et de moisissure."

- - - - - Je tombe dans mon ignorance, sur un phrasé de toute beauté, un mot de passe dans votre texte, Syrtes, certes, et un univers s'ouvre à moi. Gracq. Etait-ce là votre dessein, est-ce là mon destin pour ce matin ? - - - - -

Écrit par : Voiker | 11 octobre 2006

Kate : Vous m'intriguez... Votre prochain billet sera "nous" en dire plus ?

Emmanuel : ...aux quatres saisons? Semez alors à tous vents ! Amitiés.

Voiker : Oui... lisez Gracq, perdez-vous mais revenez-en :-) !

Écrit par : Lambert Saint-Paul | 12 octobre 2006

Il n'y a pourtant rien de bien mystérieux, mon cher Lambert. C'est vous-même qui avez fait le lien entre Pise et la résistance au désir.

Écrit par : Kate | 13 octobre 2006

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