12 juillet 2006
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Lambert voulu prendre un train à l'un des points cardinaux dès potron-minet. Une sorte de rituel consistait à arriver bien avant l'heure du départ, et d'attendre, dans un café par exemple, que le but du voyage se matérialise. Un croissant caoutchouteux se révéla un leurre, la maigre assistance des paumés du petit matin offrait toutefois un réjouissant et tendre échantillon d'une journée ordinaire. Un homme plutôt âgé et édenté était accoudé au bar et parlait fort à un homme plus jeune. Ses propos étaient quasi inintelligibles. Tandis que Lambert observait ceci, le vieux stoppa net son discours pour le fixer droit dans les yeux puis, comme pour justifier son audace, il expliqua à Lambert que ce jeune homme était son fils et qu'il ne l'avait pas revu depuis sa mort. Stupidement gêné Lambert souria un peu trop, avant de porter son attention sur le barman, une ombre fatiguée bien avant l'âge. Le bond visuel avait était bref, mais le vieux avait disparu, ce qui correspondait au départ de Lambert, dans quelques minutes ; À vrai dire, Lambert descendait le temps pour voir des amis qu'il aimait ; Les fils du voyages se déployaient et s'enroulaient comme à chaque fois, depuis le premier jour -celui où le bout du salon est le bout du monde- . Cette bobine émettait depuis tous les espaces-temps, à la recherche forcenée d'un signal, d'une quiétude qu'il est pourtant souhaitable que Lambert ne trouve jamais complètement.
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Commentaires
Vos dents ressemblent à vos doigts de pied ; j'y vois là une cause de lien à effet; Dois-je y trouver également une explication sur cette habitude qu'à mon épouse de grincer des dents tard le soir? Pour ne pas la réveiller, discrètement, je traverse la chambre sur la pointe des pieds.
Dois-je dorénavant me dire aussi de ne pas oublier de me brosser les pieds avec une dentifrice ?
..
Citons un texte de Marc Seberg pour éclairer les rails du voyage sans destination (qui par ailleurs est extrèmement réel: on ne sait jamais où vont tous ces gens qui partent en même temps que nous, aux alentours de la même heure, dans un avion ou un train différent; pourquoi alors sont-ils là...)
Amsterdam et Bruxelles
seul, le souvenir de Brel,
et Berlin,
rien de plus qu'un nouveau zoo humain.
Redescendu vers Prague
et sa sœur Budapest,
et les suicides en masse,
et l'odeur de la peste.
J'ai pris le premier train
ai-je eu tort ou raison ?
le premier train, qu'importe la destination !
A travers les pays de pluie
les longs tunnels de l'exil
les quatorze stations d'un périple sans exit.
Écrit par : Voiker | 12 juillet 2006
"Le Docteur... Yueh...qu'a-t-il dit?
Paul et Jessica sont saufs?
La dent...
Oui... La dent!"
"Je n'ai rien dit...
Je ne suis pas ici." (navigateur de la Guilde)
Écrit par : Troll de Lille | 12 juillet 2006
J'allais presque oublier ce par quoi j'aurais du commencer: le 'VOUS ETES ICI'.
...qui me fait penser inevitablement a la version Google de la tete a Sato-san... une pensee comprehensible uniquement apres un detour sur Satoogle:
http://hbkr.jp/face/face.html
Écrit par : Voiker | 14 juillet 2006
Semblance au moment de la partance, l'homme aux semelles de plomb s'évade un peu...
Écrit par : modimo | 14 juillet 2006
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