06 juillet 2006
Danse à deux
Une invitation en main, Lambert se rendit dans un théâtre déserté par les jugements de valeurs. Sous une chaleur étouffante mais nécessaire à la concentration, des ombres jouaient presque en silence devant des sièges centenaires à l’étiquette irréprochable.
Tandis que la poussière retombait et accrochait la lumière issue de projecteurs mi-clos, une odeur familière interpella Lambert ; comme un souvenir éclatant d’une plénitude absolue.
C’est pourquoi Lambert se cacherait dans ce théâtre sept jours durant, sans boire ni manger, afin d’y dénicher l’origine d’un monde qu’il percevait derrière le rideau épais d’un acte non manqué. Durant ce voyage entre les rangées trop bien alignées, Lambert pris conscience, avec une délicieuse appréhension, que cette odeur n’était pas celle du passé.
08:00 Publié dans Roman progressif | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note





Commentaires
Une Madeleine olfactive et projective propre au théâtre... ? Voyons l'odeur de l'applaudissement peut-être ?
Écrit par : Caledemon | 06 juillet 2006
Sept jours c'est parfait, Lambert, pour un sous-venir qui se situe dans(e) l'à-venir.
Écrit par : Alina | 06 juillet 2006
La mélancolie, c'est le bonheur d'être triste (Hugo).
Écrit par : bourbaki | 06 juillet 2006
Je dirai que c'est une surmadeleine ; mais comme toutes les madeleines comestibles dignes de ce nom (et éphémères) elles n'ont rien pour applaudir, mais bien plus encore.
Non point de mélancolie, bien au contraire !
Alina, très chère, mes sept jours ne valent pas vos sept nuits, mais je tends vers cet absolu-relatif. Bonnes vacances dans les Hauteurs. Vous savoir parfois sur mes terres est très stimulant.
Écrit par : Lambert Saint-paul | 06 juillet 2006
La surmadeleine ou la mémoire de l'avenir ?
Écrit par : . | 07 juillet 2006
Seul le présent a une odeur. L'odeur présente du présent. Fusse-t-elle dans une pièce où tout vient de se passer, ce serait alors l'odeur présente du passé.
Où s'agit-il plus simplement de l'odeur des oranges...
Petite déviation dérivative sur le théatre et la vie.
Qui nous inclue parfois, un peu tristement.
« Lorsque l’instinct sexuel est mort, écrit Schopenhauer, le véritable noyau de la vie est consumé ; ainsi, note-t-il dans une métaphore d’une terrifiante violence, « l’existence humaine ressemble à une représentation théâtrale qui, commencée avec des acteurs vivants, serait terminée par des automates revêtus des mêmes costumes ».
[M. Houellebecq] [La possibilité d'une ile]
Je n'ose imaginer qu'il s'agisse de cette odeur là...
Écrit par : Voiker | 10 juillet 2006
C'est vrai que Courbet a peint son Origine de près... si près qu'on pourrait la sentir, la renifler... (sourire)
Écrit par : Kate | 10 juillet 2006
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