10 juin 2006

Chat perché

Dès l'enfance, les rêves de Lambert défilaient sans en ordonner l'unité de lieu. Une même situation se retrouvait selon l'angle sur des rocheuses, dans un pré ou encore dans le vide. Lambert pensa longtemps son désintérêt pour la forme au profit de la narration, puis sa propension à quitter les lieux ou il se trouvait physiquement pris de l'ampleur et devint un rituel ; comme si il fallait résoudre quelques mystères juste cachés à la lisière des angles. Où que ce soit, avant de partir, invariablement, Lambert fixait un point qui semblait imaginaire quelques instants avant de renoncer à jouer les prolongations plus longtemps, fuyant presque tout à coup ce qu'il lui a été donné de voir.  

 

 

 

Commentaires

dés l'enfance, une propension à voir au-delà du visible, re-découverte à l'âge adulte?
Chat perché et/ou Chat qui pêche? Cette note est merveilleusement adolescente...

Ecrit par : emmanuel.. | 11 juin 2006

Cher Lambert,

je ne masque pas le plaisir de découvrir san cesse le résultat ponctuel de vos efforts continus dans cette quête du décalage si porteuse de sens. Comme le laissait entendre Vonnegut, c'est du bord qu'on voit le mieux les changements qui s'opèrent au centre, et non quand on se trouve au centre.

Ce chat perché -on ne sait où finalement- précise une ouverture de votre part vers le mélange sensiblement réussi de la mélancolie et de l'architecture. Une tentative un tant soit peu plus douce -et doucement réussie- que les magistrales créations cathédralesques de JG Ballard, qui d'ailleurs me vole la dernière plume qui me reste pour en finir avec ce petit long message.

"Le mur de droite était vaste comme un court de tennis, cependant il ne contenait que l’image de l’œil droit et de la pommette. Il reconnut la femme des panneaux situés près de l’hôpital, cette vedette de cinéma nommée Elizabeth Taylor. Toutefois, ces dessins étaient bien davantage que de gigantesques répliques. C’étaient les équations incarnées des rapports fondamentaux existant entre l’identité de la vedette et les millions d’autres, réduplications d’elle-même, espace et temps de leurs propres corps et positions. Les trajectoires de leurs vies se rencontraient à angle aigu, mêlant des parcelles de mythologies personnelles aux divinités des cosmologies commerciales."

De conclure en fusionnant de manière absolument non-définitive les lignes de fuite éparpillées de Lambert, de l'architecture et de Ballard: J'aurai bien vu [Max Ernst / Garden Plane Trap] pour illustrer votre papier sur le même sous-podium que René Magritte.

Ecrit par : Voiker | 12 juin 2006

Voiker, vous vous exaltez !

Je suis très surpris (et ravi) de vous stimuler à ce point ; cependant gardez raison !

Je surveille vos équations cabalistiques sur votre propre Blog.

Bien à vous.

Ecrit par : Lambert Saint-paul | 12 juin 2006

J'espere de votre part une solution a Geometrik...

Ecrit par : Voiker | 12 juin 2006

De l'oubli des frontières qui nous retiennent dans un espèce d'espace à quatre dimensions... De cet oubli pourrait naître une métaphore aux couleurs de sensation, une transposition de l'esprit où je me projette instinctivement certains soirs si l'occasion m'en est donnée(...)
Lambert tel le chat perché aurait-il pris suffisamment de hauteur pour distraitement croiser le regard multiple du félin aux neuf vies? !

Bien à toi Lambert !

Ecrit par : Le Troll de Lille | 13 juin 2006

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