10 mars 2006
My beautiful laundrette.
Lambert connaissait bien cette laverie aux néons crus. Il y régnait constamment cette gène de ceux qui trient leur linge ou qui attendent l'ultime tour de passe-passe. Désynchronisation et arythmie globale pour tambours recyclés. La lessive faisait disparaître les péchés d'une semaine, parfois moins. Le distributeur automatique d'hosties lavantes (biodégradable à 99,9 %) respectait l'anonymat de chacun. Les confessions était cachés dans les replis des poches ; Des caleçons souillés (100 % coton) seraient purifiés à l'infini. Les robes et chemises ne sentiraient plus les parfums indiscrets. Toute l'impersonnalité du lieu devenait intime et lourd de confidences. Lambert entendait des chuchotements : connivences mécaniques, succions réciproques sur fonds chromés. Il arrivait même à l'une d'elles de se noyer, débordante et presque heureuse de faillir dans l'eau savonneuse ou l'essorage éternel. De tels vortex aux connivences outrées comme autant d'yeux hypnotiques. Un vieux était d'ailleurs immobile devant Sa Machine depuis une demi heure. Un autre faisait semblant de lire en arborant un T-Shirt « hate me ». Une mère lâchait prise tandis que son bambin turbulent apprenait les rites sur la devanture embuée. Tout un pan de la dignité humaine transitait ici. Fin du cycle, il fallait sécher sa serviette comme on séche ses larmes. Dix minutes plus tard, plus rien n'était comme avant.
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Commentaires
Les pêchés sont dissolus, les solvants pardonnent, une Laverie serait-elle un confessionnal adouci?
Prière d'insérer un Cierge dans la Fente du Pardon, et d'actionner la tirette : La bobinette séchera...
Tournent et dansent les tambours obsessionnels, la Valse des cercles qui se retournent sur eux-même...
Maëstro?! Musique!
Écrit par : emmanuel | 10 mars 2006
Hypnose catharsique des tambors battants,
mon oeil tourne du côté du pardon.
Si jamais je redeviens pur, fais-moi signe! por favor!
Écrit par : Romano Della Mare | 11 mars 2006
On ne lave jamais son linge dans la même eau
Écrit par : selian | 12 mars 2006
Du tambour, je retiendrai l'étrange propreté/propriété de l'enfant qui refuse de grandir ; l'éternel communiant ne communique qu'une sainteté éclatante dont la souillure ne sera que plus terrible. Musique, cuivres et fourchettes ; la pureté est un vice. L'eau est LOIN.
Écrit par : Lambert Saint-Paul | 13 mars 2006
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