16 février 2006

Canadair

Une odeur de métal chaud empestait l'atmosphère et faisait mal aux dents. Lambert se trouvait alors exactement au centre d'une croisée de quatre chemins. L'un de ses chemins presque au nord-ouest semblait palpiter et l'odeur métallique semblait être plus forte tandis que Lambert marchait dans cette direction. Il aurait pu faire nuit tant la couverture grise sombre du ciel léchait les toits. Ces derniers trompaient l'ennui à contempler l'incendie. Tandis que les sirènes des premiers secours promettaient leur arrivée imminente, Lambert s'enfuit rapidement, dans le même état d'esprit qu'un pyromane.

 

 

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Commentaires

"One fire burns out another’s burning" (Shakespeare)

Écrit par : Red Adair | 17 février 2006

Sonnet XLV

THE OTHER two, slight air and purging fire,
Are both with thee, wherever I abide;
The first my thought, the other my desire,
These present-absent with swift motion slide.
For when these quicker elements are gone
In tender embassy of love to thee,
My life, being made of four, with two alone
Sinks down to death, oppress’d with melancholy;
Until life’s composition be recur’d
By those swift messengers return’d from thee,
Who even but now come back again, assur’d
Of thy fair health, recounting it to me:
This told, I joy; but then no longer glad,
I send them back again, and straight grow sad.

Shakespeare

Écrit par : Lambert Saint-Paul | 17 février 2006

" Il faut peu à peu se mettre le feu à soi-même, cette auto-pyromanie est d'une grandeur insoupçonnée à une époque où les canadairs de la Raison sont prêts à déverser leurs flots sur les incendies de la Passion "

M-E-N

L'âge du Christ.

Écrit par : emmanuel | 18 février 2006

Emmanuel : Cette note a d'ailleurs failli s'appeller "Autodafé" ; mais ce dernier s'est caché dans la représentation du Christ.

Écrit par : Lambert Saint-Paul | 18 février 2006

C'était où cette croix déjà?

Cette main me dit quelque chose comme un souvenir vaporeux, calme plat au pied du calvaire, singerie constante des souvenirs envolés, ou alors combinés croisés des téléphones portables au tournant d'un couloir de métro. Mais qui est donc ce Lambert lambineur? Un Prophète déchaussé venu du Nord, un miroir concave qui reflète son propre creux empli de douleurs. Les errances dans le tunnel du mystérieux labyrinthe le mènent à remuer la pipette en sirotant une piscine d'eau mâle, accroupi sur le tatami de sel et d'écume, il regarde au loin la proximité de ce qui est inénarrable.

Est-ce un bateau qui mène loin ce qui aurait pu être?

Non, pas de larmes! Boys don't cry!

Écrit par : Romano Della Mare | 03 mars 2006

Romano Della Mare : Quand l'oubli rend l'Amour supportable, l'ennui s'occupe des illusions de notre perte. Tout est toujours possible tant qu'on ne franchit pas le Styx ; il suffit pour cela de lambiner.

Mais le sel n'oxyde pas les souvenirs. Les hommes pleurent parfois, dans une mer de tranquillité.

Écrit par : Lambert Saint-Paul | 03 mars 2006

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