« Dérangements | Page d'accueil | Déjeuner sur l'herbe »
17 janvier 2006
Les fâcheux
Quelques flaques et des gouttes droites comme des « i ». Un matin gris au levé douteux ouvre les rues sur les pas de Lambert. Tous les visages se ressemblent. Ça et là la beauté transparaît malgré l'épouvantable éclairage public ou commun. Scène ordinaire de mise en route vers un lieu d'anti-(d)ébauches ; la servitude volontaire liée à la promesse. Liberté sous caution, payable d'avance.
Lambert aiguisait quelques couteaux psychiques destinés à le faire survivre au moins un jour de plus dans un univers où des acteurs pathétiques prenaient leurs rôles pour des réalités. Amendements non honorables en faveur d'une Machine qu'ils ne perçoivent même pas, assise pourtant à leurs cotés. Sur chacun de ces imbéciles, un petit singe à califourchon sur le cou leur sciait la nuque à la scie à métaux, fine et légère.
Ils sont furieux, méchants et dangereux, et le singe ne les tue pas assez vite ; Comme la Bête, ils ont peu de temps et leur médiocrité est leur plus belle arme de destruction massive. Lambert pensa, non sans ironie, que la nature avait horreur du vide.
Ici comme ailleurs pourtant, une maigre résistance s'organise dans le but de sauver des vies. Aucun héros mais de bien belles âmes, irremplaçables. Lambert n'est que de passage, attendu « ailleurs », dans d'autres interstices ; Il n'entendra pas l'agonie finale des décapités de la sorte : un long silence glacé suivi d'un gargouillis ridicule, puis plus rien.
19:20 Publié dans Singeries | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note





Commentaires
Arme, âme... J'avais lu "leur plus belle âme de destruction massive".
Ecrit par : Maringan | 17 janvier 2006
une journée de boulot comme les autres... heureux de compter qq belles âmes autour de moi! :)
Ecrit par : goon | 18 janvier 2006
Le vide a horreur de la matiere, cette debauchee.
Ecrit par : Jean d'Artois | 20 janvier 2006
Ecrire un commentaire
NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.