09 janvier 2006

Éclipse partielle, mode d'emploi

Le nom de Lambert se décollait progressivement de sa sonnette d'interphone ; La conséquence fut immédiate, Lambert perdit provisoirement son oeil gauche, qu'il chercha à tâtons tandis que les fêtes du renouveau balayaient l'occident. Une tolérance à l'endroit de l'obscur était nécessaire pour ne plus avoir peur (du noir ?). Une dynamique se créa dans cette demi-introspection tandis que l'oeil valide dévorait avidement une représentation du monde.

Lambert retourna se reposer dans une chambre de l'homme-hôtel dans des souvenirs de jeunesse . Il écrivit sur l'oreiller quelques regrets puis il sortit de sa poche quelques photos écornées qu'il disposa comme un jeu de cartes ; Son oeil valide lui faisait mal tandis que l'autre s'obstinait dans un mutisme forcené – il contemplait depuis trop longtemps le passé révolu assemblé dans des souvenirs qui ne lui appartenaient pas totalement.

Lambert se cacha l'oeil douloureux.

Les photos s'effacèrent avec élégance, tandis que la lumière se posa sur la rétine de l'oeil silencieux. La réelle clé du phénomène se tenait dans un nom, ou deux. La conquête du coeur et de l'esprit n'était plus un mal nécessaire. Les images avaient cessées d'être toutes puissantes.

 

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Commentaires

Vous me faites songer à une oeuvre d'Odilon Redon, "A Edgar Poe: L'oeil, comme un ballon bizarre se dirige vers l'infini"

Écrit par : selian | 10 janvier 2006

Oh, c'est magnifique ce décollement de la rétine d'après sa persistance, la chouette de Minerve a trouvé son sens, "le petit oiseau va sortir" !

Quand j'étais petite j'avais lu que nous avions un "oeil directeur", et que pour le reconnaître il fallait pointer quelque chose de l'index (ou du majeur d'ailleurs), puis fermer mirette 1 puis mirette 2, celle qui "touche" l'objet visé étant la patronne.

Enfin ce texte me touche car à force de caméscope et de vues prises par la médiation de la machine, je ne lis que d'un oeil. Comme si à deux, c'était forcément trompe-l'oeil...

Merci énormément pour ce texte, et belle journée !

Écrit par : Mawie | 11 janvier 2006

Oeil: organe vorace qui décore tout ce qu'il aperçoit; le regard finit toujours par tuer.

Écrit par : Kate | 11 janvier 2006

Kate : Je suis fasciné par votre commentaire ! Êtes vous la "Kate" qui fréquente assidûment le site du Magister ?

Mawie : Merci infiniment de votre passage et de votre oeil ambivalent.

Sélian : je songerai pour ma part à cette suggestion de lecture d'Odilon Redon, noble ami.

Écrit par : Lambert Saint-Paul | 13 janvier 2006

La même, Lambert... Fasciné?

Écrit par : Kate | 13 janvier 2006

Avoir la vie à l'oeil, autant dire que les larmes ne sont pas loin...

Écrit par : modimo | 14 janvier 2006

Lorsqu'un œil se tait, la lumière se poserait sans être brûlée?
Le visible serait doux, immédiatement au cœur, s'il n'était image?

... à moins de transformer l'image en visible en transformant l'œil?
les blessures nous y aident, peut-être...

bien à vous,
un œil fermé encore, l'autre encore fiévreux!

Écrit par : Gaspar | 15 janvier 2006

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