30 août 2005

Clandestino

Il s'étendait une ombre tandis que le véhicule roulait presque seul vers une destination hasardeuse. La route était droite, chaude et tranquille. Les quelques irrégularités du bitume faisait onduler faiblement cette ombre qui ne correspondait en rien à ce qu'on attendait d'elle. Lambert fit s'arrêter le véhicule un peu plus loin, à la sortie d'un bourg mourant de tristesse dans la chaleur de midi et quart. Le décor champêtre s'était figé pour l'occasion, superbe, un rien trop réel. L'ombre, au coin du regard, s'improvisait Horla quelques instants puis se fondit dans celles des arbres, magnanime.

Il fallut partir. Tandis que la route reprenait sa danse. Lambert vit dans le rétroviseur les arbres et quelque chose lui dire au revoir dans la brise qui se levait.
 
 
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Image tiré du film "Stalker" d'Andreï Tarkovski.

28 août 2005

Une brève histoire du temps

- Heu... Bonjour.


- Hein ?


- Non, je me demandais si vous aviez l'heure.


- Pour quelle raison ? Vous êtes en retard ?


- Pas nécessairement.

 

 

 

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http://www.maaskantenaar.nl

Quantique

« Il ne savait absolument pas pourquoi il agissait ainsi, pourquoi il ne suivait pas le conseil impérieux du brasier invisible qui apparaissait au milieu de l'asphalte, sur le coin d'un immeuble, à la devanture d'une boutique, sur une enseigne au néon, ou au sommet de la chevelure sculptée à l'aérosol d'une putain du strip.
 
Il marcha calmement en direction de Moon River, il marcha calmement en direction de l'androïde. Il marcha calmement vers un des possibles que le programme d'instructions n'avait pas prévu. »
Maurice G. Dantec, Cosmos Incorporated
 
 
 
 
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26 août 2005

Chaînes cablées

« C’était un schéma que le Bene Gesserit avait depuis longtemps répertorié: l’échec inéluctable de toute forme d’esclavage et d’asservissement. Cela créait un réservoir de haine. Des ennemis implacables. Si l’on n’espérait pas exterminer ces enemis, on n’osait même pas essayer. Tout effort était tempéré par la certitude que l’oppression n’avait pour effet que de fortifier l’ennemi. Les opprimés étaient certains d’avoir leur heure, et que le ciel vienne en aide aux oppresseurs lorsque l’heure viendrait. Une arme à double tranchant. De tout temps, les opprimés avaient appris en regardant faire leurs oppresseurs. Ils les prenaient comme modèle. Et quand les tables étaient retournées, un nouveau décor était mis en place pour une série de violences et de vengeances. Les rôles étaient inversés. Puis renversés et renversés encore jusqu’à écoeurement. »
 
Franck Herbert, La Maison des Mères
 
 
 
 
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25 août 2005

Effet de manche

Un jour où ce lieu fut paisible, Lambert existait en tant que tel, une gageure en tête.

 

 

L’amour en ce temps là avait un train de retard. Sur les fenêtres embuées, quelques signes cabalistiques pour conjurer le malheur qui pourrait arriver, l’attente au front, les souvenirs incertains.

 

 

 

Puis un prénom inattendu venait de traverser les voies.

 

 

Sur les vitres séchées, un rayon indiscret faisait apparaître les anciennes prières, désormais dérisoires.

 

 

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22 août 2005

Les chiens aboient

...et la péniche passe.
 
 
 
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Amitiés éternelles

La multiplicité du sens pourrait être la poésie invoqué par Lambert en ces lieux impossibles. Le tableau noir était immense en ces temps reculés où l'enfance, inconfortable, s'excusait de sa lenteur à s'étioler. Lambert connaissait quelques alliés (mais étaient-ils plusieurs ?) qui avaient parcouru des chemins de traverses dans la boue incompréhensible du prêt-à-vivre, amoureusement préparée par nos pairs. Chacun à sa manière voyait ce monde qui grandissait comme les os. La magie joua un grand rôle en ces temps où tout était encore possible dans ces royaumes miniatures d'enfants rois. Quand il fut temps de payer ce luxe et de ressusciter de ces cendres peu glorieuses, tous, y compris Lambert, se souvinrent d'où ils venaient.


Concernant leurs destinations, l'un d'entre eux ne répondit jamais, car sa pudeur était grande.

 

 

 

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http://www.konamionline.jp/konaminet/appli/gradius_comp.html

 

 

19 août 2005

L'assassin menacé

«La vie ne peut être vécue par l'oubli ou la substitution, mais grâce au souvenir et à la transmutation. Oublier c'est tuer, se souvenir c'est recréer; et l'art de la vie consiste à s'accorder avec ces changements, en sorte qu'une perte, tout en restant une perte, n'est pas un corps en décomposition enfoui dans la terre, ou attaché à l'être captif, mais un principe permanent qui inspire l'homme libéré».
Charles Morgan, Sparkenbroke.
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René Magritte : l'assassin menacé
http://www.fineartregistry.com/images/assassin.jpg

16 août 2005

De l’inconvénient d’être immortel - I - (Sayonara Hinotori)

Lambert renonça à cette folie devenue un temps accessible avec une incomparable lâcheté.

 

Au creux de ses mains licencieuses se tenaient encore un soupçon de liberté.

 

 

 

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http://expositions.bnf.fr/bestiaire/index.htm

14 août 2005

Vous avez un message

La moquette ondulait tandis qu'une musique impossible sortait des murs bienveillants. Les rideaux jaunes brillaient de mille feux. Lambert était au milieu d'un désarroi tranquille. Le temps remontait son cours, cela est-il possible ? Des Moaï se dressait au delà de la perception, des fragments de leurs pensées atteignaient l'esprit de Lambert. Il était sans doute trop tôt pour tenter de les comprendre.

 

 

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http://www.trekearth.com/gallery/South_America/Chile/photo158427.htm

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