04 août 2005

Anti-looping

943. « Il me semble, à moi, que je ne méprise personne - que je ne méprise nul être, en tout cas, pour ce qu'il est à l'origine, ethniquement, nationalement, socialement. Le grand péché me paraît être, au contraire, de juger quiconque pour autre chose que ce qu'il est, que ce qu'il a fait, spécialement ce qu'il a fait de lui-même. Cependant, il est vrai (et c'est là que les choses se corsent, et ne vont pas tarder, sans doute, à se gâter) que "l'ascension sociale", pour appeler cela comme ça, me semble coïncider souvent avec l'imposition d'une forme : d'une forme à sa vie, une forme à ses discours, une syntaxe, une mise en cause, de la part de qui s'y emploie, de son prétendu "naturel" - et par là elle bénéficie, dans mon goût et dans mon esprit, d'une sorte de préjugé favorable, il me faut bien le reconnaître. C'est par là que ma "pensée" (etc.) est aussi peu "moderne" que possible - et très en accord, en revanche (mais cela personne ne le voit...) avec celle des siècles classiques (or je suis convaincu que ce n'est pas avec les contemporains, qu'il faut discuter [*23] (416, [*2]) : ils ne sont pas à la bonne distance, pour un échange; les propos tournent vite au ressassement ; et tout le monde est pris, bientôt, dans la glu du discours admissible, celui qui doit vous faire aimer, ou tolérer - tandis qu'avec Aulu-Gelle, avec Montaigne, La Fontaine, Leopardi...)»

 

 

Renaud Camus - Vaisseaux Brulés
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Commentaires

Mon dieu, il y a un "il est vrai que" dans ce texte !!

Écrit par : Philippe[s] | 05 août 2005

Ciel !

Écrit par : Lambert Saint-Paul | 05 août 2005

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