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05 août 2005

Réveil matinal

L'âme de Lambert était toute petite, perdue dans un décor de théâtre suranné; On voyait de grands arbres improbables et un bosquet mort non loin d'une fausse maison baignée dans un « soleil » de matinée.

 

Au delà de cet espace, les contours étaient incertains, comme artificiels. Lambert sentit physiquement le manque des bruits organiques dans ce plan onirique qu'il n'avait pas choisi. Tout l'invitait à pénétrer dans la maison, les objets se tendaient presque pour le guider avec bienveillance. Il tituba. Faillit tomber, puis pris vraiment pied dans cette scène aménagée pour lui.


Quant il ouvrit la porte, il fut surpris de sa résistance. Le « soleil » projetait les ombres de quelques meubles anodins, faire-valoir d'une majestueuse méridienne violine au drapée impeccable. Lambert ne sut dire où était située cette méridienne, comme si l'oeil persistait à la voir quelque soit l'angle de vue. Tout se stabilisa, et deux personnages, là depuis toujours, s'animèrent en même temps, mus par une silencieuse connivence.


Ils entreprirent tour à tour de séduire Lambert, qui se prêta au jeu. L'amour se faisait attendre, artificiellement créé de toute pièce.


Bientôt les morsures, inévitables dons de la chair à ces chimères complaisantes.


Lambert fut un monde à part entière, puis anéanti d'un seul regard.


Dépossédé, il crut apercevoir que le décor était changeant.


Importait alors de redevenir soi (revenir ?) pour périr à nouveau. Indéfiniment.


A bien des égards, le réveil fut un extraordinaire hasard, cette fois encore.

 

 

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