29 mai 2005
Dialogue avec les morts
Une juste politesse et pas de surprise, sauf qu'on peut les « toucher ». La pierre engage à se confier. Les idées prennent le large face à l'incongru de la situation. C'est l'instant d'après que la musique citadine s'est arrêtée. Malaise de l'absence, insupportable. Monologues et litanies sont les seules réponses à l'angoisse du vivant. Le cimetière de montmartre s'étendait sous nos pieds dans l'après midi d'un dimanche ordinaire.
C'est alors qu'elle est apparue au détour d'un chemin de traverse. Une invitation à goûter le paisible du lieu avant de retourner dans notre monde agité. Ce fut une belle après midi de méditation presque solitaire. Quelques fauves de pacotille gardaient je-ne-sais quel secret enfouit depuis toujours. Nous étions deux témoins volontaires de cet apaisement.
A l'ombre d'un caveau de famille depuis longtemps oublié, un chat gris et repu riait sous cape, tandis qu'une jeune corneille tombée du nid choisissait son prédateur avec méthode.
Mais déjà, notre humanité reprenait ses droits. Quelques italiens hagards cherchaient vainement la tombe de Jim Morrison. Il était temps de partir, laissant à leur triste sort ces profanateurs touristiques à leur destin de marbre.

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Commentaires
J'aime y venir lire, près de la chapelle et du crematorium, quand la multiplicité touristique n'est pas fléau. Au fait, je connais, mais soyons discrets, le détenteur du fameux buste dérobé.
Bien à vous.
Écrit par : Anaximandrake | 31 mai 2005
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