20 mai 2005

Salarié sentimental

Le canapé confortable grignote les fesses de mon réveil qui sucre les fraises. (05h44)

Belle partie du monde dans l'intimité du vert feuillage de mes espoirs. C'est pour cela que j'ai acheté des jumelles pour observer de plus près ce qu'il ne faut pas toucher de loin. Tartines grillées pour tous les anges. (08H02)

Démonstration d'incompétence notoire de l'ensemble de la Création, tandis que l'eau coule par terre sous les beaux yeux d'un pigeon philosophe. (08H12)

Il y avait quelques fantômes dans le métropolitain. Personne ne les as vu, pas même moi. Évidemment je ne dis pas la vérité. J'en ai même évité deux tandis que je lisais. (08H28)

Les Mêmes sont tous là et la Machine tourne à plein régime. J'ai failli m'évanouir par négligence : On ne remonte pas à la surface en faisant fi des paliers de décompression. (10h53)

La vie semble plus belle. Pas d'hémiplégie en vue. Je tire à vue grâce à un revolver planqué dans mon tiroir. Les cadavres disparaissent d'eux Même et ils ressuscitent constamment. J'ai soudain une angoisse : Mes balles sont-elles illimitées ? (15h77)

Notre bateau ne coulera pas, c'est un fait. J'en suis presque déçu avant de me rappeler que je ne suis ni un enfant, ni une femme, ni un marin. (19H00)

Retour à pied au château de mes rêves. Résistance passive aux transports en commun de toutes les villes que je traverse. J'ai mis à peine trois minutes de plus que la dernière fois. (29h59)


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Commentaires

Vie plus belle sans lien logique avec la matière. Se saisir du temps qui passe. Futile. Les fantômes du métropolitain je les ai vus. Lambert, tu étais si fragile alors, on aurait dit le pétale d'un coquelicot.

Le souffle du vent dans les coquillages. Encore.

Il m'avait dit avant de disparaître derrière l'école : "Ne parle pas avant la nuit, sinon c'est la nuit qui parlera à travers toi"

Écrit par : Arlette Davidson | 20 mai 2005

C'est promis, pas de salade de coquelicots avant minuit. En ce qui concerne les coquillages, je préfère le cassoulet. La futilité a ceci d'utile qu'elle saisit l'instant, comme vous le montrez si bien. Merci encore.

Écrit par : LambertSaintPaul | 21 mai 2005

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