02 janvier 2010

L'ivresse des profondeurs

"Mais pourquoi avait-il fallu que j'abandonne l'ancien monde pour venir dans ce monde fini ?Je n'arrivais pas à me souvenir ni des détails, ni du sens, ni du but de ce voyage? Quelque chose, une force, m'avait propulsé dans ce monde-ci. Une force incoercible, irraisonnée. C'est à cause d'elle que j'avais perdu mon ombre et ma mémoire. C'est elle qui allait me faire perdre aussi mon coeur."

Haruki Murakami, La fin des temps


Le ciel se soulevait. Une aube en pleine nuit. La ferme intention de ne pas fermer l'oeil de la nuit ; une obsession. Lambert se souvenait du champ de bataille des anciens rêves avortés. C'était aujourd'hui une prairie verdoyante. Quelques pierres jonchaient encore les hautes herbes, inutiles témoins du temps jadis, à un détail près.

En connaissance de cause, Lambert savait ce qu'il lui restait à faire.

 

 

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15 novembre 2009

De la nécessité de mourir plusieurs fois

 

"Cras ingens iterabimus aequor."

Horace

Des voyages. Lambert connaissait quelques endroits où la mémoire de certains d'entre-nous vivaient encore. Il eut fallut écouter attentivement, d'un pas pressé, la ligne médiane de son propre cheminement pour ouvrir les yeux et rêver. C'était cette époque là qui s'ouvrait.

La somme de ces rêves n'étaient négociables nulle part, ce qui en augmentait leur valeur. L'opacité finissait par s'estomper par quelques indices ; Le bruit du vent sentait bon la solitude, quelques odeurs inconnues en annonçait la fin toute proche, la peur qui se mettait en quatre pour tenter sa chance et l'autre coté du miroir attendait son heure.

 

Le bonheur d'être ici restait intact car plus personne ne pouvait être pardonné davantage.

 

 

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Abstraction. (c) Luc Justin

19 septembre 2009

Les revers du rêveur

 

"O mito é o nada que é tudo."

Fernando Pessoa.

 

Que se passe t-il quand nos rêves deviennent réalité ?

Bien au delà des limites où le quotidien pouvait le protéger, Lambert arpentait un lieu qui extirpait chaque illusion avec une langueur presque amoureuse.

Mais depuis, le passeur était passé. Il avait amené avec lui de quoi écouter la rumeur du réel.

Lambert l'entendait dès lors souvent, avec une joie qui dissipa une fois pour toutes les épais brouillards d'une autre vie.

 

 

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13 juillet 2009

Le passeur (ou l'enchantement du monde)

 

"Vuelvo al Sur, como se vuelve siempre al amor, vuelvo a vos, con mi deseo, con mi temor. Llevo el Sur, como un destino del corazon, soy del Sur, como los aires del bandoneon. Sueño el Sur, inmensa luna, cielo al reves, busco el Sur, el tiempo abierto, y su despues. Quiero al Sur, su buena gente, su dignidad, siento el Sur, como tu cuerpo en la intimidad. Te quiero Sur, Sur, te quiero. Vuelvo al Sur,
como se vuelve siempre al amor, vuelvo a vos, con mi deseo, con mi temor. Quiero al Sur, su buena gente, su dignidad, siento el Sur, como tu cuerpo en la intimidad. Vuelvo al Sur, llevo el Sur, te quiero Sur, te quiero Sur.
"


Asotor Piazzolla. Vuelvo al Sur.

 

 

Lambert tremblait. Il n'était pas prêt, il ne l'avait jamais été.

C'était pourtant l'heure de passer de l'autre coté.

Ce n'était pas Charon qui était venu, mais l'Ami de toujours, le seul qui pouvait sans doute encore voir au delà car il était mort plusieurs fois mais était revenu sans le faire exprès.

C'était une cathédrale qui transperça Lambert : Des flèches de lumière dans un labyrinthe Borgésien.

 

Le voyage n'était pas celui que Lambert avait imaginé, mais il rapporta que quoi affronter ces prochaines années.

 

 

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Basilic

 

01 juillet 2009

Contre-Feux

 

"[...] Le rugissement de l'abîme, rien n'est comparable à cela. C'est l'immense voie bestiale du monde [...].
"


Victor Hugo. l'Homme qui Rit.

 

Nu et sans royaume, Lambert avait plongé dans la cruauté du temps, là ou le désir se brise sur les rochers de l'impossible. C'était comme s'il manquait quelque-chose entre chaque seconde.

L'absence d'une épice dénaturait ce que tous acceptait comme étant ici et maintenant.


Il fallait attendre le passeur.

 

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