27 mai 2010
Vertiges giratoires
"De même donc que certains peuvent disparaître, engloutis en quelque sorte par un rôle social, d’autre peuvent être engloutis par une vision intérieure, échappant ainsi à leur entourage."
Carl Gustav Jung, Dialectique du Moi et de l’inconscient.
Un point. Eternel retour aux sources. Quand le monde bascule, Lambert fixait presque cette perspective changeante.
Le vent s’était enfin levé. Emportant avec lui ce qui devait l’être. Il restait l’essentiel dans l'enlacement d’un fond et d’une forme parfaitement appropriés aux circonstances.
Les sous-textes du réels (re)devenaient tangibles . Lambert réapprenait à lire et à aimer toutes ces formes.
Les accélérations courberont très rapidement l’espace temps de ces rivages.
«L’aurore boréale, la première.»
21:55 Publié dans Interstice(s) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vertige, giratoire, boréale
28 avril 2010
En attendant que le vent se lève.
"Il était là. Sa lumière froide rayonnait comme une source de silence, comme une virginité déserte et étoilé."
Julien Gracq, Le rivage des Syrtes.
Le regard encore un rien voilé.
Le fol espoir vite combattu d’avoir demain ici et maintenant.
Avant que le vent se lève, Lambert sera plus loin.
22:25 Publié dans Chroniques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14 mars 2010
15H45
"On ne peut ainsi ordinairement vivre qu'à la condition de tenir en respect la vérité, ou plutôt de la prendre perpétuellement à rebours : tâche épuisante illustrée, entre autres, par l'ancien mythe de Sisyphe. Illustrée aussi par la plupart des entreprises philosophiques, dont la principale visée n'est pas de révéler à l'homme la vérité, mais bien de la lui faire oublier : de faire passer sa cruauté comme un médicament qui fait provisoirement cesser une douleur, d'adoucir l'épreuve de la réalité par une infinie variété de remèdes - plus ou moins improvisés selon que le philosophe a plus ou moins de ressources mentales - qui se ramènent toujours en fin de compte à un exorcisme hallucinatoire du réel (…)."
Clément Rosset, le principe de cruauté.
La lumière est le chaînon manquant. une pièce du puzzle de la cohésion du monde de Lambert. C'est par elle qu'on passe de l'autre coté du miroir, avec la peur de découvrir qu'il n'y a pas peut être pas de miroir et d'éprouver alors crûment un devenir trop rapide.
On oublie que toujours veut dire tous les jours. Un cauchemar de devenir celui qu'on ne veut pas être dans ce monde au pas de charge dans un demi-plan inutile.
Tous les jours donc, 15h45 revient. Lambert percevait cette heure plus que tout autre comme une pause sans fuseaux, à peine perceptible et pourtant. Un clin d'oeil subtil d'une vanité réflexive, comme peut survenir un rire en cascade devant un miroir déformant.
Cela figurait dans le Grand Oeuvre de Lambert : L'Horloge aura peut être le coeur tendre.
15:45 Publié dans Interstice(s) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lumière, chaînon, 15h45, coeur tendre
02 janvier 2010
L'ivresse des profondeurs
"Mais pourquoi avait-il fallu que j'abandonne l'ancien monde pour venir dans ce monde fini ?Je n'arrivais pas à me souvenir ni des détails, ni du sens, ni du but de ce voyage? Quelque chose, une force, m'avait propulsé dans ce monde-ci. Une force incoercible, irraisonnée. C'est à cause d'elle que j'avais perdu mon ombre et ma mémoire. C'est elle qui allait me faire perdre aussi mon coeur."
Haruki Murakami, La fin des temps.
Le ciel se soulevait. Une aube en pleine nuit. La ferme intention de ne pas fermer l'oeil de la nuit ; une obsession. Lambert se souvenait du champ de bataille des anciens rêves avortés. C'était aujourd'hui une prairie verdoyante. Quelques pierres jonchaient encore les hautes herbes, inutiles témoins du temps jadis, à un détail près.
En connaissance de cause, Lambert savait ce qu'il lui restait à faire.

04:22 Publié dans Chroniques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15 novembre 2009
De la nécessité de mourir plusieurs fois
"Cras ingens iterabimus aequor."
Horace
Des voyages. Lambert connaissait quelques endroits où la mémoire de certains d'entre-nous vivaient encore. Il eut fallut écouter attentivement, d'un pas pressé, la ligne médiane de son propre cheminement pour ouvrir les yeux et rêver. C'était cette époque là qui s'ouvrait.
La somme de ces rêves n'étaient négociables nulle part, ce qui en augmentait leur valeur. L'opacité finissait par s'estomper par quelques indices ; Le bruit du vent sentait bon la solitude, quelques odeurs inconnues en annonçait la fin toute proche, la peur qui se mettait en quatre pour tenter sa chance et l'autre coté du miroir attendait son heure.
Le bonheur d'être ici restait intact car plus personne ne pouvait être pardonné davantage.
23:05 Publié dans Chroniques | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : ici et maintenant, là-bas au loin, demain nous prendrons les routes de la vaste mer.
19 septembre 2009
Les revers du rêveur
"O mito é o nada que é tudo."
Fernando Pessoa.
Que se passe t-il quand nos rêves deviennent réalité ?
Bien au delà des limites où le quotidien pouvait le protéger, Lambert arpentait un lieu qui extirpait chaque illusion avec une langueur presque amoureuse.
Mais depuis, le passeur était passé. Il avait amené avec lui de quoi écouter la rumeur du réel.
Lambert l'entendait dès lors souvent, avec une joie qui dissipa une fois pour toutes les épais brouillards d'une autre vie.

22:52 Publié dans Interstice(s) | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : revers, rêveur, pessoa, amour
13 juillet 2009
Le passeur (ou l'enchantement du monde)
"Vuelvo al Sur, como se vuelve siempre al amor, vuelvo a vos, con mi deseo, con mi temor. Llevo el Sur, como un destino del corazon, soy del Sur, como los aires del bandoneon. Sueño el Sur, inmensa luna, cielo al reves, busco el Sur, el tiempo abierto, y su despues. Quiero al Sur, su buena gente, su dignidad, siento el Sur, como tu cuerpo en la intimidad. Te quiero Sur, Sur, te quiero. Vuelvo al Sur,
como se vuelve siempre al amor, vuelvo a vos, con mi deseo, con mi temor. Quiero al Sur, su buena gente, su dignidad, siento el Sur, como tu cuerpo en la intimidad. Vuelvo al Sur, llevo el Sur, te quiero Sur, te quiero Sur.
"
Asotor Piazzolla. Vuelvo al Sur.
Lambert tremblait. Il n'était pas prêt, il ne l'avait jamais été.
C'était pourtant l'heure de passer de l'autre coté.
Ce n'était pas Charon qui était venu, mais l'Ami de toujours, le seul qui pouvait sans doute encore voir au delà car il était mort plusieurs fois mais était revenu sans le faire exprès.
C'était une cathédrale qui transperça Lambert : Des flèches de lumière dans un labyrinthe Borgésien.
Le voyage n'était pas celui que Lambert avait imaginé, mais il rapporta que quoi affronter ces prochaines années.

15:37 Publié dans Interstice(s) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : basilic, cathédrale, piazzolla
01 juillet 2009
Contre-Feux
"[...] Le rugissement de l'abîme, rien n'est comparable à cela. C'est l'immense voie bestiale du monde [...].
"
Victor Hugo. l'Homme qui Rit.
Nu et sans royaume, Lambert avait plongé dans la cruauté du temps, là ou le désir se brise sur les rochers de l'impossible. C'était comme s'il manquait quelque-chose entre chaque seconde.
L'absence d'une épice dénaturait ce que tous acceptait comme étant ici et maintenant.
Il fallait attendre le passeur.
21:00 Publié dans Roman progressif | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : renaissance, métempsycose, jambon cru.
21 juin 2009
La pensée de Midi (l'énigme de l'heure 2/2)
"Il devrait exister une science de la contrariété. Les gens ont besoin d'épreuves difficiles et d'oppression pour développer leurs muscles psychiques.
"
Franck Herbert. Dune.
Il est des lieux qui ressemblent à ce qu’ils doivent être.
Lambert s’était attardé sur l’un de ses rivages particuliers où il crut pouvoir regarder le ciel d’autrui.
Il marqua un temps là où l’on peut mourir plusieurs fois, à condition d’avoir la maîtrise d’une maladresse rarissime.
De cette herméneutique surgit alors la volonté de se lover dans le creuset insensé, réel, d’un Avenir, dont le prix était l’Abandon.
Quelques anciennes habitudes hurlaient des vieilles incantations stériles. Une profonde tristesse n’eut animé Lambert s’il n’eut la certitude que ces chants recélaient le point d’orgue nécessaire qui tracerait une nouvelle route.
La Terre pulsait, juste avant la fin de ce monde. Quel monde ?
Pas de plans à l’horizon ?
Le sourire de Lambert flottait dans l'air.
12:00 Publié dans Chroniques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pensée, midi, monde, temps, avenir
24 mars 2009
Trois heures moins cinq (l'énigme de l'heure 1/2)
Il suffisait de lire de travers, dans l'urgence de comprendre le monde, pour amalgamer la volonté de puissance et l'action permanente.
Une tentative d'introspection, alors que l'esprit tourne à plein régime dans les contingences, a généralement l'élégance d'échouer. L'improbable légèreté des mots collait aux pieds aussi sûrement que le plus épais des murs.
Lambert savourait un souvenir qui dura un peu plus que d'ordinaire. Ce qui semblait perdu à jamais revenait d'une longue ellipse. Ce qui semblait éternel devint incertain, et son regard s'attardait sur des terres devenues étrangères.
Quelques interstices semblaient se réouvrir peu à peu. Une certaine forme attendait sagement devant l'antichambre des promesses non tenues. Réapparaissait ce langage particulier, comme un réapprentissage des lieux après un long voyage. Lambert s'était assez éloigné de lui-même pour se regarder avec toute la cruauté nécessaire dans le blanc des yeux.
Une nouvelle page tourna toute seule, puis une autre. Des cahiers entiers de pages vierges mimaient une danse macabre. Et Pourtant. La peur était plus inoffensive que la moindre note qui servirait de diapason. Ce n'était pas la guerre qui commençait, mais une révolution dans l'amitié colorée qui tentait de survivre ça et là. Les miracles existaient, l'espace d'un fol espoir, où une amnésie salvatrice changeait le plomb en or.


21:22 Publié dans Interstice(s) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : barmergeur, tarlanthèque, gantormie, fuvagie, vulmarne, muratrope, riligent, casbersair, ternulus, sugrés, casmètre







