19 septembre 2009
Les revers du rêveur
"O mito é o nada que é tudo."
Fernando Pessoa.
Que se passe t-il quand nos rêves deviennent réalité ?
Bien au delà des limites où le quotidien pouvait le protéger, Lambert arpentait un lieu qui extirpait chaque illusion avec une langueur presque amoureuse.
Mais depuis, le passeur était passé. Il avait amené avec lui de quoi écouter la rumeur du réel.
Lambert l'entendait dès lors souvent, avec une joie qui dissipa une fois pour toutes les épais brouillards d'une autre vie.

22:52 Publié dans Interstice(s) | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : revers, rêveur, pessoa, amour
13 juillet 2009
Le passeur (ou l'enchantement du monde)
"Vuelvo al Sur, como se vuelve siempre al amor, vuelvo a vos, con mi deseo, con mi temor. Llevo el Sur, como un destino del corazon, soy del Sur, como los aires del bandoneon. Sueño el Sur, inmensa luna, cielo al reves, busco el Sur, el tiempo abierto, y su despues. Quiero al Sur, su buena gente, su dignidad, siento el Sur, como tu cuerpo en la intimidad. Te quiero Sur, Sur, te quiero. Vuelvo al Sur,
como se vuelve siempre al amor, vuelvo a vos, con mi deseo, con mi temor. Quiero al Sur, su buena gente, su dignidad, siento el Sur, como tu cuerpo en la intimidad. Vuelvo al Sur, llevo el Sur, te quiero Sur, te quiero Sur.
"
Asotor Piazzolla. Vuelvo al Sur.
Lambert tremblait. Il n'était pas prêt, il ne l'avait jamais été.
C'était pourtant l'heure de passer de l'autre coté.
Ce n'était pas Charon qui était venu, mais l'Ami de toujours, le seul qui pouvait sans doute encore voir au delà car il était mort plusieurs fois mais était revenu sans le faire exprès.
C'était une cathédrale qui transperça Lambert : Des flèches de lumière dans un labyrinthe Borgésien.
Le voyage n'était pas celui que Lambert avait imaginé, mais il rapporta que quoi affronter ces prochaines années.

15:37 Publié dans Interstice(s) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : basilic, cathédrale, piazzolla
01 juillet 2009
Contre-Feux
"[...] Le rugissement de l'abîme, rien n'est comparable à cela. C'est l'immense voie bestiale du monde [...].
"
Victor Hugo. l'Homme qui Rit.
Nu et sans royaume, Lambert avait plongé dans la cruauté du temps, là ou le désir se brise sur les rochers de l'impossible. C'était comme s'il manquait quelque-chose entre chaque seconde.
L'absence d'une épice dénaturait ce que tous acceptait comme étant ici et maintenant.
Il fallait attendre le passeur.
21:00 Publié dans Roman progressif | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : renaissance, métempsycose, jambon cru.
21 juin 2009
La pensée de Midi (l'énigme de l'heure 2/2)
"Il devrait exister une science de la contrariété. Les gens ont besoin d'épreuves difficiles et d'oppression pour développer leurs muscles psychiques.
"
Franck Herbert. Dune.
Il est des lieux qui ressemblent à ce qu’ils doivent être.
Lambert s’était attardé sur l’un de ses rivages particuliers où il crut pouvoir regarder le ciel d’autrui.
Il marqua un temps là où l’on peut mourir plusieurs fois, à condition d’avoir la maîtrise d’une maladresse rarissime.
De cette herméneutique surgit alors la volonté de se lover dans le creuset insensé, réel, d’un Avenir, dont le prix était l’Abandon.
Quelques anciennes habitudes hurlaient des vieilles incantations stériles. Une profonde tristesse n’eut animé Lambert s’il n’eut la certitude que ces chants recélaient le point d’orgue nécessaire qui tracerait une nouvelle route.
La Terre pulsait, juste avant la fin de ce monde. Quel monde ?
Pas de plans à l’horizon ?
Le sourire de Lambert flottait dans l'air.
12:00 Publié dans Chroniques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pensée, midi, monde, temps, avenir
24 mars 2009
Trois heures moins cinq (l'énigme de l'heure 1/2)
Il suffisait de lire de travers, dans l'urgence de comprendre le monde, pour amalgamer la volonté de puissance et l'action permanente.
Une tentative d'introspection, alors que l'esprit tourne à plein régime dans les contingences, a généralement l'élégance d'échouer. L'improbable légèreté des mots collait aux pieds aussi sûrement que le plus épais des murs.
Lambert savourait un souvenir qui dura un peu plus que d'ordinaire. Ce qui semblait perdu à jamais revenait d'une longue ellipse. Ce qui semblait éternel devint incertain, et son regard s'attardait sur des terres devenues étrangères.
Quelques interstices semblaient se réouvrir peu à peu. Une certaine forme attendait sagement devant l'antichambre des promesses non tenues. Réapparaissait ce langage particulier, comme un réapprentissage des lieux après un long voyage. Lambert s'était assez éloigné de lui-même pour se regarder avec toute la cruauté nécessaire dans le blanc des yeux.
Une nouvelle page tourna toute seule, puis une autre. Des cahiers entiers de pages vierges mimaient une danse macabre. Et Pourtant. La peur était plus inoffensive que la moindre note qui servirait de diapason. Ce n'était pas la guerre qui commençait, mais une révolution dans l'amitié colorée qui tentait de survivre ça et là. Les miracles existaient, l'espace d'un fol espoir, où une amnésie salvatrice changeait le plomb en or.


21:22 Publié dans Interstice(s) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : barmergeur, tarlanthèque, gantormie, fuvagie, vulmarne, muratrope, riligent, casbersair, ternulus, sugrés, casmètre





